J’ai tenu ma promesse : je me suis battue

Faire le deuil de son conjoint

C’était il y a presque 11 ans… on rentrait d’une soirée bien arrosée entre amis. Il roulait vite… c’est le seul détail dont je me souvienne et c’est le trou noir.

Je me suis réveillée quelques jours plus tard à l’hôpital ; lui était décédé sur le coup… en plus de la douleur physique il y a la douleur morale. Pourquoi m’a-t-il abandonnée ? Pourquoi m’a-t-il laissée toute seule ? Que s’est il passé ? La vitesse, l’alcool, un arbre, …
J’avais 26 ans, des projets plein la tête… Et tout s’arrête, brutalement, tragiquement… heureusement ma famille est là pour m’épauler a vider l’appartement et effectuer les différentes démarches administratives en plus des allers retours a l’hôpital pour le suivi des blessures.

Mais on ne parle pas. On a mal, on souffre chacun de son côté. Ça me pèse, ça m’étouffe. S’en suit le commencement de ma nouvelle vie car la Sandrine de l’accident est décédée dans tous les sens du terme. Passage par toutes les étapes de la vie : enfance, adolescence, jeune femme… Un grand vide. J’étais perdue. Je voulais le rejoindre, je n’arrivais pas sans lui.

Alors, sur les conseils d’une amie, j’ai franchi le cap et j’ai été voir une psychologue, une personne qui au final m’a écoutée, parlé, provoquée, qui a respecté mes silences, mes pleurs,… a force de 3 à 2 rendez-vous par semaine pendant plus d’un an et demi, je me suis permis à nouveau de sourire, de vivre, de rire, d’aller au cinéma, … sans lui qui avait fait partie de ma vie pendant 7 ans…
Elle m’a aidé à retrouver goût à la vie, je ne l’oublierai jamais. Le chemin a été très très long, semé d’embûches mais aussi de petites victoires jour après jour, semaine après semaine. Il est toujours présent, je traîne « cette tragédie » derrière moi. Toujours cette question du « pourquoi »?
Je ne suis pas arrivée à faire mon deuil, d’ailleurs que signifie « faire son deuil? » En tout cas j’ai appris à vivre avec, sans…

Au jour d’aujourd’hui, j’ai rencontré un homme à qui je dois beaucoup, qui m’aime pour ce que je suis, ce que j’ai été et ce que j’ai vécu avant. Il a réalisé mon souhait le plus cher, celui d’être maman. J’ai donné naissance en septembre 2011 à des jumelles. Ma plus belle revanche sur la vie… Alors oui je suis fière en regardant par dessus mon épaule du chemin parcouru depuis ce tragique 9 mars 2003… Comme m’avait dit mon « ex » beau père quand il était venu me voir à l’hôpital quelques jours après l’accident : « la vie vaut le coup d’être vécue, il faut se battre, relever la tête. »
J’ai également tenu la promesse que je vous avais faite : j’ai refait ma vie… Je me suis battue…

Sandrine

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *