J’ai surmonté la perte de ma meilleure amie

Cheval

C’était il y a 18 ans. J’étais majeure depuis peu et je perdais ma meilleure amie.
Elle avait un an de plus que moi, notre première photo ensemble, c’était elle, bébé, juchée sur le gros ventre de ma mère ! C’est dire si on se connaissaient depuis toujours !
Et depuis toujours elle était malade. Malformation congénitale cardiaque. Nous avons vécu toute notre vie avec ça. Aménageant nos jeux d’enfants pour qu’elle en profite aussi. Elle a failli mourir plusieurs fois. Elle a été opérée plusieurs fois. Elle avait une joie de vivre et un courage que je n’ai encore revu chez personne. Une ténacité incroyable ! On s’est éloignées, parfois, mais on s’étaient retrouvées avec joie, et pleines de projets l’une et l’autre !

Et puis un jour, un coup de téléphone… Elle est morte d’un arrêt cardiaque pendant une opération. Elle ne m’avait même pas dit qu’elle repassait sur le billard alors qu’on s’étaient vues quelques jours avant ! Elle ne voulait pas que je m’inquiète pour elle…

Je me suis effondrée, j’ai refusé d’aller la voir au funérarium parce que non, elle était morte et je ne voulais pas la voir comme ça, elle si pleine de vie, toujours, quoi qu’il arrive… L’enterrement a été un déchirement absolu. J’ai voulu mourir plusieurs fois… Je la voyais partout où j’allais. J’avais envie de l’appeler, de lui parler… Souvent, le soir depuis mon lit, je lui racontais ma journée dans ma tête. Je faisais comme si elle était encore là, j’imaginais nos conversations…

C’est elle qui m’a donné le courage de continuer, de me réaliser dans la vie !
Son souvenir est devenu ma force, sa joie de vivre est devenu mon leitmotiv ! Chaque fois que j’allais mal, je la voyais en train de m’engueuler, de me dire que je pouvais y arriver, que j’étais aussi forte qu’elle.

Elle me manque encore, 18 ans après, j’ai le cœur qui se serre quand je pense à elle et je pleure, parfois. Je suis toujours en colère qu’elle soit partie si tôt, mais quand je regarde ma vie, je me dis que ça lui ferait plaisir de m’y voir, qu’elle serait contente que je sois si heureuse, et que je sois devenue ce qu’elle m’avait conseillé d’être : une femme qui fait ce qu’elle aime, sans se soucier de savoir si ça plait aux autres et qui est tout simplement bien dans ses baskets, même s’il y a des difficultés qui paraissent parfois insurmontables !

Penser à elle me fait du bien aussi, parce que c’était une belle personne et que son souvenir m’amène maintenant de la douceur ainsi que la joie de nos années d’enfants et d’adolescentes. Chaque merveilleux moments de ma vie, je les lui dédie silencieusement, en l’imaginant à mes côtés, souriante et me disant « je te l’avais bien dit que tu y arriverais  » !

Audrey

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