Juste une cicatrice

Se remettre d'un cancer

13 ans. L’âge de l’insouciance. L’âge des premiers flirts. L’âge où il ne peut rien arriver.

Et puis un jour de la fièvre juste avant une sortie scolaire. Médecin, inquiétude, prise de sang, inquiétude … « C’est soit une grosse anémie, soit beaucoup plus grave il faut faire des examens complémentaires »
Donc me voilà direction l’hôpital, mais a 13 ans on ne comprend pas, je vois les petits crânes chauves en passant dans le couloir mais je ne réalise pas que je serai l’un d’entre eux très bientôt. Et puis, quelques prises de sang et ponctions lombaires plus tard le verdict tombe. « Tu as une Leucémie lymphoblastique aigue, un cancer du sang »
Ok alors cancer, je visualise, c’est grave et je me dis que je vais sans doute mourir ; c’est injuste quand même au tout début de sa vie…

Alors débutent les traitements, la chimio qui fait perdre les cheveux et qui rend malade… Mais qui est là pour me soigner.
Mais je ne me plains pas, je ne pleure pas, je n’ai pas le droit, j’ai 13 ans, je suis grande. Il y a tellement d’enfants plus petits, plus gravement malade que moi je dois être forte.
Pendant 9 mois, chimio, ponctions lombaires, ponction de moelle. L’équipe de l’hôpital est formidable, alors malgré mon jeune âge je décide de me battre et de garder le sourire. Je garde la pêche et j’essaie de rester le bout en train que j’ai toujours été. Et que je suis toujours aujourd’hui. Je cache mes douleurs et ma souffrance derrière un grand sourire. Je veux me battre pour mes parents, pour mon frère. Je me bats pour avoir une adolescence qui redeviendra normal, pour un jour avoir un amoureux, pour faire ma vie en fait.

Et ça marche, les traitements fonctionnent, bien sûr j’ai beaucoup maigri, je suis chauve comme un œuf au point qu’on me prend parfois pour un garçon.
J’en rigole aujourd’hui. La fin de la chimio à l’hôpital arrive, et puis après 1 an et demi de chimio orale à la maison le soulagement : REMISSION…
Ça veut dire que ma vie qui était en pause peut reprendre et que je peux commencer à être heureuse.

J’avais 13 ans, c’était il y a 13 ans. Avec le recul, je me dis que c’est une chance d’avoir vécu cette épreuve. Je garde même d’excellents souvenirs, des rencontres formidables, des moments fabuleux. Aujourd’hui je n’ai aucune séquelle physique de ma Leucémie. Juste une cicatrice sous la clavicule droite, qui me rappelle chaque jour la chance que j’ai de pouvoir vivre. Avec mon amour de petite fille et mon amoureux, celui dont je rêvais à 13 ans.

2 thoughts on “Juste une cicatrice

  1. Mon petit garçon de cinq ans a déclaré la même maladie en juillet dernier. Te lire m’a fait du bien et me donne du courage pour arpenter ce long et difficile chemin vers la guérison.
    Je te souhaite beaucoup de bonheur.
    S.B

  2. Bravo ton témoignage est magnifique et redonne espoir. Il en aidera plus d’un j’en suis sure.
    Il ne te reste plus qu’à profiter de la vie et de la croquer à pleine dent !

    Sophie77

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