Aimer ce que la vie nous donne tous les jours

Anorexie

Il y a des maladies comme celle-ci qu’on ne prend pas tout de suite comme une maladie en elle-même, qui vous tombe dessus on ne sait pas trop pourquoi et qui au final vous fait souffrir pendant plusieurs années. Cette satanée anorexie m’est donc « tombée dessus » en pleine période d’adolescence.

Je n’ai pas su l’expliquer et au début je n’ai même pas réussi à mettre de mots dessus. J’étais mal dans mon corps, je perdais du poids à vue d’oeil, ma famille était déstabilisée face à tout cela, et je devenais invivable car au final je vivais ma maladie comme j’en avais plus ou moins envie.
C’est un peu difficile de se dire ça mais le côté psychologique de ce trouble, fait en sorte que vous avez l’impression de tout maitriser et puis en fait vous ne maitrisez rien. Vous êtes juste dans une spirale infernale.

Tout cela a duré pendant 6 années de ma vie. Je n’ai pas réussi à me faire soigner (à part les hospitalisations) car je n’en avais pas l’envie ou du moins pas la force. Je me refermais sur moi-même et je ne voulais surtout pas en parler. Mentir était beaucoup plus facile. Je savais que l’anorexie m’avais apportée une force de caractère impressionnante et j’ai essayé de m’appuyer la dessus.

Petit à petit, le chemin s’est fait dans ma tête et j’ai remonté la pente tout doucement en vivant ou parfois en faisant semblant de vivre la vie à pleine dents.
Et au fur et à mesure, je l’aimais cette vie là et je ne faisais plus semblant du tout. Certes il ne fallait pas trop gratter sous peine de vite voir réapparaitre des séquelles et de retomber dans cette tourmente infernale.

Mais après 5 ans à me battre, je vais avoir une petite fille en mai, me marier en août avec un homme qui a entendu mon histoire et qui est un pilier pour les années à venir. Ma grossesse m’a même permis de véritablement mettre un nom sur tout ce qui s’était passé auparavant et j’ai donc pris l’initiative de faire un suivi avec une psy. Elle me fait un bien fou car je suis enfin prête à parler de tout ça. Je ne me dis pas que j’aurais dû le faire bien avant car je n’étais pas à l’écoute des autres comme je le suis aujourd’hui. Ma vie est donc faite de ces années de souffrance mais aujourd’hui je suis une future maman presque épanouie dans sa grossesse (presque si on prend en compte qu’il ne faut pas que je regarde la balance augmenter toutes les semaines) et je me suis entourée de personnes qui savent être à l’écoute, tout comme je le suis maintenant pour eux aussi.

Je n’ai plus peur de cette maladie mentale et je me battrai contre elle pour le restant de mes jours afin de continuer à aimer ce que la vie nous donne tous les jours.

Lu.

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