Il faut parler et ne pas se renfermer

Surmonter le suicide

J’avais 27 ans et mon jeune frère à peine 17 lorsqu’il a décidé d’en finir avec la vie…

C’était un 21 septembre. Il a choisi une façon plutôt radicale d’y mettre un terme. Il s’est tiré une balle dans la tête. Aussi radical que cela peut être, il est pourtant resté en vie, dans un coma profond, ce qui nous a donné beaucoup d’espoir, en vain.
Il est décédé le 26. Déclaré dans un état de mort encéphale.

Je vais passer l’épisode de la douleur, du laisser-aller, de l’envie d’en finir à mon tour, des images qui restent… Tout cela est de toute façon indescriptible.
Je vais vous parler de ce qui fait que je vis avec depuis 5 ans et 3 mois…

J’ai d’abord commencé par tenir un blog en sa mémoire. J’y ai fais la connaissance de personnes formidables, vivant le même drame et qui malgré tout, contrairement à moi, continuaient d’avancer. J’ai eu beaucoup de contact avec des amis à lui qui m’ont raconté des choses, des histoires vécues avec lui. C’était un peu comme si j’apprenais ou du moins, continuais, à le connaître. Ce blog est devenu mon exutoire. Il m’a fait prendre conscience qu’il faut parler et ne pas au contraire se renfermer.

J’ai 3 autres frères et sœurs dont je suis l’aînée, pour qui je me dois d’être forte. Je les aime tout autant que je l’aime lui.

Je suis surtout une maman qui doit rendre la vie belle à ses enfants. Ils ont 13 et 9 ans, fille et garçon. Je me suis « reprise », je suis sortie de cette spirale infernale du deuil en me disant que je ne pouvais pas faire souffrir mes enfants. La peur qu’un jour ils veuillent en finir eux aussi avec la vie parce que je leur aurait gâchée, m’a sauvée !!

Je coule des jours heureux avec mes enfants et mon mari… Oh ! Il y’a bien des jours sans… Mais tellement de moments propices au bonheur si l’on s’en donne le temps et le cœur… ♥♥

Stéphanie

One thought on “Il faut parler et ne pas se renfermer

  1. Passer par ce genre d’épreuve te marque à vie. Mais continuer à avancer et éprouver du bonheur dans la vie d’après c’est une preuve de courage incroyable. Ce que vous dites sur vos enfants me touche parce que j’ai vécu la même chose petite. Ma mère a perdu son frère quand j’avais 5 ans et nous avons grandis avec son deuil et la tristesse qui s’infiltrait partout. Le jour où elle s’est réveillé nous étions presque adultes. La vie est courte et remplie de sentiments sucrés salés. Courage.

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