Cette petite voix intérieure

zen-stones

J’avais 16 ans lorsque j’ai été violée.

« Viol », j’ai encore du mal avec ce mot même 15 ans après. L’instant a été difficile mais les jours, les mois suivants l’ont été tout autant. Porter plainte, ne pas être crue, avoir mauvaise réputation… Souvent j’ai voulu mourir, je me suis mutilée parce que la souffrance physique me faisait oublier la souffrance morale. Je me suis mise à boire, fumer du cannabis…

Et puis j’ai rencontré l’homme qui allait devenir mon mari, patient, doux, quand je ne supportais plus qu’on me touche. Avec lui, j’ai réappris à vivre, à apprécier la vie, à envisager l’avenir.

Il m’a sauvé la vie. Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort, j’en ai fait ma devise, parce que ce que j’ai vécu fait partie de moi et je pense effectivement en être sortie plus forte. Je ne serai pas celle que je suis aujourd’hui si je n’avais pas vécu ça.

Bien sûr, je ne le souhaite à personne et j’ai quand même eu énormément de chance, ça aurait pu être bien pire. Il m’aura fallu de longues années pour arriver à être en paix, même si je ne pardonne pas, parce qu’on ne peut pas pardonner un tel acte, mais on apprend à vivre avec, à en faire une force. Pendant des mois, des années, j’ai revécu cette fameuse nuit tous les jours, par bribes, parce que ma conscience a effacé pas mal de choses. Il m’est impossible de me représenter tout le scénario, il me manque des bouts de cette histoire.

J’ai fait des cauchemars pendant longtemps aussi. C’est difficile, il faut du temps, mais on se remet. Et on apprécie ensuite, bien plus tard certes, la vie. On connaît sa vraie valeur, on ne se prend plus la tête pour des broutilles. Ce que j’ai appris également, c’est qu’il faut parfois écouter sa petite voix intérieure, j’ai eu le pressentiment cette nuit là qu’il ne fallait pas que je suive cet homme. Mais je me suis raisonnée et j’ai refusé d’écouter cette petite voix en moi. J’en ai fait les frais.

Il faut avoir foi en son intuition. Je m’en suis sortie seule, enfin par seule j’entends sans aide psychologique, et sans la justice. Mais je suis bien vivante aujourd’hui, optimiste dans la vie, sans doute plus prudente aussi, mais j’aime la vie, j’aime ma vie et pour rien au monde, je ne voudrais en changer. Je suis mariée à cet homme extraordinaire qui a su m’écouter, m’attendre, et je suis également une maman comblée. Je suis heureuse. Alors surtout, ne baissez pas les bras, accrochez-vous, on a du mal à le croire quand on est en plein dedans, mais le temps guérit (ou en tout cas atténue) les blessures.

La vie vaut la peine d’être vécue et nous réserve d’heureuses surprises.

Marilyn

2 thoughts on “Cette petite voix intérieure

  1. J’ai été agressée sexuellement parlant. Ca aurait pu aller plus loin mais j’ai décidé d’arrêter mon travail et ne plus avoir une salaire face à ça, car oui, l’homme qui m’agressait était mon patron. Je n’ai jamais porté plainte, j’ai juste démissionné de ce travail en faisant un boucan dans sa boulangerie car j’étais au black… Bref, je ne souhaite ca à personne non plus. C’est assez difficile comme ca…

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