Elle est le trésor de nos vies

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Je m’appelle Laëtitia, j’ai bientôt 28 ans. Je suis mariée à David depuis 1 an. Nous sommes les heureux parents de Laora, 22 mois. Et également les parents de Gabriel, né sans vie le 5 janvier 2011…

Tout a commencé le 29 septembre 2010. Ce jour là j’ai cru que je serais la première personne au monde à mourir de bonheur ! Je me rappelle avoir perdu l’équilibre quand s’est affiché sur l’écran de mon test de grossesse « enceinte 1-2 semaines ».
Et puis le 3 janvier tout s’est écroulé : plus d’activité cardiaque, notre bébé était mort avant d’être né. Plus rien à faire, plus rien à espérer.
Je me suis sentie tomber, très vite et très loin …. J’étais paniquée : comment revivre après ça ? Je m’en sentais incapable.
Comment j’ai pu tenir ? Surmonter tout ça ?

Grâce à l’amour … celui des proches : familles et amis. Et surtout : grâce à l’amour de mon mari. Quand Gabriel est mort-né, nous n’étions pas encore mariés. Nous avons décidé de le faire car nous avons pris peur à ce moment : nous avions peur de l’avenir… nous avons décidé de nous marier pour nous protéger l’un et l’autre. Pour sceller nos vies.

Mon homme a été si fort, si courageux, si formidable. Il a souffert sans se plaindre. Il a eu la foi pour deux alors que lui aussi était brisé. Il a agi en père de famille… un papa sans enfant à prendre dans ses bras. Il souffrait au moins autant que moi, mais s’est refusé à baisser les bras. Il m’a portée tout ce temps. Il m’a laissé tranquille quand je devais l’être, m’a couvée quand j’en avais besoin…
Nous sommes restés debout l’un à côté de l’autre. Nous avons serré les dents, et nous avons gardé la foi. Nous sommes croyants, et nous avons énormément prié.

Je pense que le Ciel nous a entendus : 6 mois après l’accouchement de Gabriel, nous avons appris que j’étais de nouveau enceinte.
Et Laora est née, une vraie princesse, le trésor de nos vies.
Aujourd’hui, pas un jour ne passe sans que je pense à Gabriel.. Bien sûr nous avons pleuré, mais nous savons aujourd’hui que la vie mérite une seconde chance, que le bonheur est toujours au bout du chemin, même si l’on pensait cela impossible il y a si peu de temps.

Laetitia

Un voile s’est levé sur le monde bleu ou gris

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Quand la santé revient la vie se remet à couler comme une rivière

Quand la santé revient c’en est fini de la chape de plomb, des casseroles qu’on traîne et de l’âme amenuisé.

On sort vainqueur contre une guerre que seule notre corps connait. Une guerre qui a été si longue et si dure qu’on a tout pardonné, on ne veut que la paix.

Quand la santé est revenue, tant pis pour les nuits et les jours et le temps. L’amour perdure mais l’on ne savait pas qu’il n’était jamais parti.

Quand la santé revient, que l’horreur du combat solitaire est finie, la peur peut s’endormir, au moins un temps.

Quand la santé est là, neuve et belle. On porte encore en soi le coup reçu. On porte quelques mois ou années en plus, que notre âge ne dit pas. Que nos yeux disent tout de même. Un peu tout de même… Nous sommes des héros de guerre inutiles

Nous n’avons gagné contre personne, juste pour nous. Nous voulons vivre encore avec cette clarté qu’a la vie désormais, un voile s’est levé sur le monde bleu ou gris. On respire avec nos poumons, on marche avec nos jambes. On ne savait pas qu’un jour tout re-fonctionnerait. On pensait que tout avait changé, c’est tout.

J’avais oublié les couleurs et le ciel. Ce que j’étais était trop occupé à lutter, contre la folie et le désordre. Et je vois maintenant la folie et le désordre. Je les vois, comme on observe la maison dont on est sortie. J’avais si mal. Le corps ne s’en souvient pas. Ma tête elle n’oubliera jamais que j’ai eu mal, que j’ai voulu mourir bien souvent.

Et que je ne voudrais plus tant que la santé est revenue. Maintenant que je remarche dans vos rues et fais les courses avec vous, tout me semble bien différent. Et si j’ai ce sourire aux lèvres c’est que la santé est revenue mais aussi que le monde est beau et laid, tout à la fois. Beau le confort de nos vies sous cloche. Laid ce confort de nos vies sous cloche. Là d’où je vient, peu en reviennent. Mais ce n’est pas de ces catacombes de la vie dont je voudrais vous parler, c’est d’avant la maladie et d’après. D’après surtout…

Ingrid

La Lettre

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Je lui ai écrit une lettre. Pour faire le point. Pour exorciser. Pour me pardonner. Une Catharsis. Et aujourd’hui je vais mieux. Beaucoup mieux. D’une certaine façon j’ai l’impression d’avoir commencé à vivre. A 36 ans.

36 ans que je ne lui avais pas parlé. 36 ans où inconsciemment elle a laissé un vide si profond en moi que je ne m’en suis pas rendu compte. Comment se rendre compte qu’il vous manque quelque chose lorsque vous naissez tel quel? Comment un aveugle peut il se rendre compte qu’il lui manque la vue si il est aveugle de naissance?

J’ai toujours su qu’il me manquait quelque chose. Inconsciemment. Comme une part de moi. Je l’ai appris par accident à 10 ou 11 ans. Après une réflexion d’enfant, ma mère m’a dit que j’aurais du avoir une sœur jumelle. Il y a 36 ans je suis né et elle est morte. Que s’est il passé? Je n’en sais rien et je ne le saurai sans doute jamais. Mais comme personne n’en parle dans la famille, par pudeur, cela ne fera pas avancer le mystère. Depuis mes 11 ans je n’en ai plus entendu parler. On n’en a plus parlé.

J’ai grandi, j’ai vécu et j’ai aimé. J’ai connu des joies et des peines, mais d’une certaine façon j’ai toujours été détaché: de bonheurs contenus et joies peu exprimées en tristesses cachées et deuils réservés. Là où d’autres sautaient au plafond pour avoir leur bac, je lâchais un simple merci. Là où certains mettaient des mois à se remettre de la perte d’un proche, je trouvais que cela faisait malheureusement partie de l’évolution naturelle des choses. Je n’étais pas insensible, bien au contraire, mais je n’arrivais pas à l’exprimer. D’un autre côté je n’arrivais pas à me ‘trouver’, rechignant les rôles et les modèles proposés par la société. Un côté féminin prononcé, mais pas de questionnement de genre ou de sexualité. Beaucoup d’exigence et d’insatisfaction. Une sorte de rebelle sans cause.

En ce moment même j’ai du mal à exprimer tout ça. Par pudeur. Par gène aussi au vu de tous ces témoignages bouleversants publiés sur Over Ze Rainbow. Car comment exprimer une perte que l’on a pas connu mais qui inconsciemment a de profondes répercussions sur votre vie? Si j’écris ces lignes c’est pour essayer de formaliser les choses pour aider une personne dans mon cas ou des parents ayant perdu un de leurs jumeaux à la naissance. Et ainsi pour aider celui qui est physiquement encore là.

Bref. Tout allait pour le mieux pour moi jusqu’à ce que je fasse ma crise de la trentesizaine (oui moi aussi je peux inventer des mots qu’existent pas dans le dico). Alors que j’ai toujours voulu fonder une famille et m’engager dans une relation, je me retrouvais encore célibataire et sans enfants à 36 ans. Comme je pars du principe qu’une relation ça commence, ça se vit et ça se termine à deux, les tords sont partagés. J’ai essayé de faire le point de mes relations passées afin de comprendre pourquoi ça ne marche pas. Oui j’ai un sale caractère (parfois) mais je cherche la discussion et le compromis, oui j’ai un côté adulescent (mais c’est ma génération) mais j’ai les pieds sur terre et je suis pragmatique, oui j’ai un côté rêveur, mais je suis pratique et je ne suis pas d’un naturel envieux ou irresponsable, donc ça vient peut être de là mais pas que. Mes Ex ont toutes des parcours, origines, histoires différentes. Difficile de leur trouver un point commun, car je suis souvent passé d’un tout à son contraire. En fait leur seul point commun est ce côté a avoir un passif ‘lourd’ et à ne pas chercher à passer à autre chose. Bref elles étaient inconsciemment en demande. Et moi en recherche d’un vide à combler.

Je me suis rendu compte que tout ce que je cherchais, tout ce à quoi j’aspirais je l’avais déjà eu et déjà perdu, avant même d’en prendre conscience. Et qu’en fait j’ai passé une partie de ma vie à courir après des chimères.

Comme dit plus haut, cela m’a frappé en écrivant cette lettre à ma jumelle. En voulant laisser un témoignage qui a pris la tournure d’une lettre intime et personnelle envers ma moitié.

Cette lettre a été une vraie Catharsis. Elle m’a libéré d’un poids. Permis de faire un tout avec moi même. De faire mon deuil. D’accepter ce vide comme une partie de moi et non comme d’une chose à combler. De trouver un équilibre entre le trop plein de ma vie et le vide de sa perte. D’harmoniser mon Ying avec mon Yang.

Et aujourd’hui je suis bien. Très bien. Serein. En paix avec moi même et avec mes fantômes. Je suis prêt à prendre les gens comme ils sont. De me préparer à tout ce que je pourrai faire, et non plus à ce que je pourrais faire.

J’ai rencontré une femme super. Qui me prend comme je suis et je la prends comme elle est. Je découvre les joies d’une relation saine et sereine. Je n’ai plus besoin de transposer ma soeur jumelle dans mes relations car je sais où elle se trouve: dans mon coeur. Et il a assez de place pour mon grand amour et la ribambelle de futurs bébés qui voudraient y prendre place.

Ne laissez pas votre chagrin enfoui en vous: exorcisez-le. Expulsez-le. Votre vie n’en sera que plus belle.

Alexandre

 

 

Trouver notre équilibre

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Texte écrit pour ma 1ère fille, prématurée, née à 5 mois ½ :

Il y a maintenant 13 ans, tu es arrivée dans nos vies un peu trop tôt, nous t’attendions pour Mai et tu en as décidé autrement, le mois de Février t’a accueillie parmi nous. Arrivée trop tôt,  tu es partie trop tôt…un grand vide nous a saisi dès lors… Tu avais fait de nous une famille, nous avions entrevu grâce à toi un avenir commun et heureux, cette envie allait  nous poursuivre pendant 3 ans jusqu’à ce que ton grand frère vienne éclairer notre vie… suivi par ton autre petit frère quelques années plus tard.

Je ne sais pas comment on s’en est relevé, petit à petit, nous avons pu continuer notre chemin, avec des peines  et des angoisses toujours présentes mais aussi beaucoup de joies et de bonheur. Je me dis souvent que tu es notre petit ange gardien, tu veilles sur nous, et puis cerise sur le gâteau, ta sœur est venue boucler la boucle cette année comme j’ai l’habitude de dire. Au début, mon subconscient faisait que quand on me demandait son prénom, je disais le tien dans ma tête avant de faire un effort pour dire le sien, puis elle a grandi et j’ai réalisé que c’était une autre petite fille à part entière. Je ne peux m’empêcher de me demander si tu lui aurais ressemblé, si tu avais eu les mêmes mimiques comme tes frères… on a l’habitude de dire que ce qu’il ne nous tue pas nous rend plus fort, et je suis complètement d’accord avec cela.

Texte écrit pour ma 2 ème fille, née à 40SA+1 :

La boucle est bouclée
Tu es arrivée par surprise comme ta grande soeur il y a 12 ans, on ne t’attendait pas (plus), on s’était finalement dit qu’avec nos 2 gars, nous étions heureux et nous avons décidé après quelques mois d’essais, de se dire qu’il était temps de passer à autre chose, d’avancer dans notre vie.

Et puis, tu t’es manifestée, d’abord par des signes discrets (impression d’un masque de grossesse pdt les vacances au camping,  besoin de dormir une vraie marmotte) puis par des signes beaucoup plus clairs (retard dans les dates, nausées et dégoût de la nourriture) et nous avons appris ta présence à notre retour  de vacances comme pour nous dire qu’à la rentrée, on a toujours plein de nouveaux projets, tu étais le plus attendu et le plus beau je crois !
Toute ma grossesse, je l’ai vécue plus sereinement mais toujours un peu stressée que cela n’aboutisse pas comme nous l’avions souhaité. Et puis, non, tu avais déjà un sacré caractère, tu as tenu à nous faire patienter et es arrivée à J+1 comme un cadeau, le plus paisible accouchement, le meilleur pour la fin comme on dit ! Tu as à peine pleurer, j’ai eu à peine mal, j’ai pu t’attraper et te mettre au monde, ton papa a pu couper le cordon qui nous reliait pour te faire entrer  dans sa vie et celle de notre famille. Nous t’avons aimée, comme tes frères, aussitôt que nous avons croisé ton regard.

Je suis maintenant apaisée, comblée, heureuse, bref, moi qui voulais reprendre le travail et ma vie sociale très vite après chaque congé maternité, je me surprends à vouloir encore  en profiter un peu,  de vous 3, de tous ces moments qui filent tellement vite, c’est peut être l’effet « petit dernier ».
Comme je le disais à quelques amies, j’ai l’impression que la boucle est bouclée, nous avons réussi malgré les obstacles à fonder notre famille, à trouver notre équilibre à 5. Demain, je reprends le boulot. Fin de la parenthèse enchantée. Demain, commence le premier jour du reste de ma vie.

Il est mon petit trèfle

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C’était il y a plus d’un an, toute jeune maman d’un adorable garçon, et fraîchement séparée du père pour de sales histoires. On me reconnait un courage et une volonté de fer.

Bien que « trop jeune » pour être mère selon certains, j’ai su leur prouver que j’ai hautement réussi mes projets.
Mais malgré mon envie d’aller de l’avant, le père de mon fils, devenu fou à l’idée que j’ai pu le quitter, à décidé de me faire vivre un enfer. Harcèlement au travail, errant devant chez moi, sonnant et frappant durant des heures sans faillir, juste pour être un moment en ma compagnie et voulant à tout prix me faire changer d’avis « pour l’amour de notre fils ».

Mais un après-midi, tout à changé, tout en lui s’est dévoilé. Son envie de moi, mon moi-même et mon corps ont été plus fort que lui. D’un coup de poing, devant notre enfant il a voulu se servir de moi, pour être l’espace d’un instant encore sienne. De longues minutes, où sous la menace d’un couteau sous ma gorge, j’ai dû me laisser faire. Malgré plusieurs tentatives pour lui échapper, ses mains, serrant mon cou, presqu’au point de m’en faire perdre connaissance.

Les minutes les plus dégradantes de ma vie. J’étais souillée, sale. Puis, encore sous le choc, il part, avec mon petit garçon en me disant que c’était son tour de garde et que si je tentais quoi que ce soit je ne le reverrais plus jamais. Ma meilleure amie plus qu’inquiéte d’être sans nouvelles de moi, arriva à mon domicile quelques minutes après qu’il soit parti. Puis tout s’est enchaîné. Gendarmes, hôpital, avocat, confrontation.

Aujourd’hui, j’ai du travail, mon permis, ma voiture, et bien entendu mon Amour de petit garçon. C’est grâce à lui que j’ai remonté la pente. Mes proches s’étonnent de mon self-control, car depuis cette fameuse après-midi, je n’ai laissé échapper aucune larmes, aucun sentiments. Comme si rien ne s’était passé. Un self-control hors norme apparement. Mais encore une fois, si je n’avais pas eu mon fils, mes idées noires intimes auraient prises le dessus. Et je ne serais certainement pas là aujourd’hui. Il est mon « ange-gardien », mon petit trèfle. Grâce à lui, mes amis et ma famille, je suis épanouie.

Mais, la bataille est encore loin d’être terminée, et je sais qu’il y aura toujours une justice, même si celle-ci n’a toujours pas été rendue.

Justine

Il est devenu mon jardin secret

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Tout à commencé un soir de janvier 2004. J’attendais son coup de téléphone avec impatience. Il était allé chez le docteur car il toussait trop, depuis trop longtemps. Le verdict ne s’est pas fait attendre… lymphome à 18ans à peine… S’ensuit 1 an de traitements, d’opérations, de douleurs, d’espoir, puis une rechute… du chagrin, des traitements…

Pendant ce temps, je continue mes études d’infirmière, je jongle entre l’hôpital, les cours, mon permis… Pas le temps de réfléchir, pas envie de penser encore moins lorsqu’on évoque le cancer avec mes profs. J’ai tendance à devenir une femme-fontaine !

La déprime s’installe mais il faut tenir bon devant lui, sa famille et la mienne. Je suis un roc pour certains, je suis en miettes en dedans. Du haut de mes tous jeunes 18 ans, je comprends le jargon des médecins, j’assiste à ses soins, je me concentre sur le positif car cette expérience m’aidera dans ma future vie d’infirmière. Je suis une future professionnelle mais lorsque le médecin repart, je ne suis plus que sa petite amie qui tremble de peur de le perdre.

Juin 2005. Il allait mieux ce weekend lorsque je l’ai vu. On est mercredi et je n’ai pas eu de nouvelles. Il doit être fatigué. J’appelle sa mère. Il est dans le coma depuis lundi. Elle n’a pas eu le courage de m’appeler. Je dois venir vite car c’est la fin. Et effectivement…

Les premiers mois ont été très difficiles. J’ai eu le droit à un traitement anxiolytiques /antidépresseurs, des séances chez le psy qui m’a dit qu’elle ne voyait pas ce que je faisais là car j’avais déjà fait mon deuil. Je ne sais pas comment j’ai fait, je dois fonctionner à l’envers car je l’ai fait pendant sa maladie, pendant qu’il était encore vivant. Elle m’a dit qu’au fond de moi, je savais qu’il allait mourir et que je m’y étais préparée. J’allais encore pleurer, j’aurais encore mal au cœur mais ce serait le fait du vide qu’il laisse en moi et qu’il faudra combler un jour…

Le plus difficile, devoir épauler ma famille qui elle, n’avait pas encore fait son deuil.

J’ai dû couper les ponts avec sa famille à lui car je ne supportais pas de voir la douleur dans leurs yeux à chaque fois qu’ils me voyaient. Je n’avais plus vraiment de statut… ça aussi, ça a été insupportable.

Quelques semaines plus tard, ma vie continue, les rencontres se font, LA rencontre…

Je sais, je suis rapide mais la vie est trop courte, je n’ai pas envie de perdre mon temps, lui veut attendre un peu pour moi. C’est dur d’attendre !!

5 mois après, nous sommes amoureux, cachés dans un 1er temps car cela choque ma famille, puis au grand jour.

1 an plus tard, nous sommes fiancés et nous habitons ensemble.

Au jour d’aujourd’hui, je suis maman de 2 beaux enfants et future mariée. Le bonheur quoi !

Cela ne m’empêche pas d’être déprimée certains jours de l’année car ils me rappellent trop de souvenirs, d’avoir sa photo dans mon portefeuille, certaines de ses affaires dans un carton que personne n’a le droit de toucher. Il est devenu mon jardin secret et il suffit que je ferme les yeux pour entendre sa voix, son rire, voir les expressions de son visage. Il sera toujours en moi et mon futur mari ne s’en formalise pas. Heureusement d’ailleurs !!

Amandine

Je suis une mamie « indestructible »

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J’aimerai apporter mon témoignage car je suis mamie d’une adorable petite fille et … d’un petit ange qui s’appelle Gabriel.

Ma fille a donné naissance à un ange le 5 janvier 2011. Ce jour est le plus terrible et en même temps le plus beau de ma vie. Comment est-ce possible ? Après des jours et des nuits de larmes, de colère, de vide, j’ai appris une chose extraordinaire : la vie est magnifique et Gabriel vit à travers nous tous qui l’aimons de tout notre cœur.

Il est en nous à chaque instant de notre vie, il crie, il pleure, il rit autant que nous. Rien que de prononcer son nom, j’explose de bonheur car, oui, il n’est pas physiquement parmi nous mais il a une place de choix dans mon cœur. C’est mon premier petit fils et il le restera à jamais.

Que dire à ma fille ? Les mots ne sont rien mais elle sait que Gabriel est important pour moi et je pense que ça l’aide à continuer le chemin, si difficile parfois. Je connais ses larmes, je sais son désespoir. Ma main dans la sienne nous sommes unis par cette force insoupçonnée qu’on appelle « la résilience » Ce pouvoir de dire non à la souffrance. Que le chemin est long et chaotique avant d’arriver à gravir cette montagne de larmes, il y a eu des chutes et parfois des idées d’abandon mais pour Gabriel je suis fière aujourd’hui d’avoir réussi à surmonter cette épreuve. Pour ce petit bonhomme, je pourrais décrocher la lune désormais, pour mon petit ange je suis une mamie « indestructible ».

C’est lui qui m’apporte cette force, je le sais, c’est pour lui que j’aime la vie, c’est grâce à lui que je peux lui dire je t’aime sans pleurer. L’absence est terrible et douloureuse mais la lumière n’est jamais bien loin, pour peu qu’on veuille bien la voir.

Une petite fille, nommée Laora, éclaire ma vie depuis le 2 mars 2012. Elle est mon soleil, ma vie, mon espoir …. Gabriel peut être fier de nous. Sa sœur est magnifique comme lui, son père et sa mère l’aiment tout autant que lui. Il fait partie de notre belle famille et ensemble nous continuons le chemin de la vie, pour lui … avec lui.

Gabriel, notre petit ange, je sais que tu seras toujours à nos côtés et qu’un jour nos cœurs seront réunis. Je t’attends sereinement, sans douleurs mais avec tellement d’amour dans le cœur. Merci à toi petit bonhomme, tu peux être fier de toi et de ta famille. Une mamie heureuse et comblée.

Isabelle

Quelqu’un qui se satisfait de regarder les fleurs pousser

Perdre un bébé

J’ai perdu une toute petite fille à la naissance en juin dernier.
Je ne l’ai pas perdue d’ailleurs, je sais où elle repose pour toujours à présent : elle est morte.
Sur le seul acte administratif qui certifie son existence, il y a inscrit « enfant né sans vie ». L’expression est froide, expéditive et ne reflète pas du tout la richesse de ces neuf mois où j’ai porté ce petit pois sauteur, bien présent et en bonne santé jusqu’à ce que mon placenta décide de ne plus l’oxygéner.
Elle ne reflète pas non plus les rêves, les projets et la joie de cette naissance à venir après trois ans d’attente : on devient parent parfois bien avant que l’enfant ne paraisse.

Lorsque l’on m’a annoncé que le coeur de mon bébé ne battait plus, j’ai eu l’impression d’être écrasée par un 35 tonnes, avec cette envie de mourir, d’être ensevelie à mon tour et de me réveiller de cet affreux cauchemar.
Et puis très vite, il y a eu le regard hébété et désespéré de mon époux et le souvenir de notre premier enfant, qui attendait, bien vivant, lui, à la maison et qui pour qui allait aussi commencer un travail de deuil.
Alors, j’ai décidé de ne pas mourir.
Et j’ai accouché avec toute la force qui me restait et l’indéfectible soutien de mon amoureux et des sages-femmes.

Il y a eu l’enfer des premiers jours, ses douleurs morales et physiques et ces larmes dont on ne sait si elles arrêteront de couler.
Mais il y a eu aussi les amis, les familles et les professionnels qui proposaient leur aide et à qui nous avons demandé mille petites choses dont nous avions besoin ou que nous ne pouvions ou voulons pas faire.
Nous avons été accompagnés, tous les trois, pendant plusieurs semaines.

J’ai repris rapidement le travail, pour ne pas penser, et c’est vite redevenu un plaisir, comme avant mon congé maternité.
J’ai aussi fait des choses que je n’avais jamais vraiment osé faire auparavant : prendre des cours de dessin, dire « non », exagérer parfois, arrêter de fumer pour de bon.

J’ai été augmentée par ma fille, toute furtive fut-elle.

Progressivement, je me suis réveillée le matin en savourant ma chance d’être vivante, d’être encore là. D’ailleurs, plus je vais me recueillir sur la tombe de ma fille, plus je suis convaincue de cette chance.
Au début, je vivais exclusivement pour la mémoire de ma petite fille. Aujourd’hui, je crois que je vis surtout pour moi.
Je me sens plus libre parce que je n’ai plus peur d’autre chose que de perdre ceux que j’aime ou de perdre la vie moi-même.

Ce cheminement, qui est loin d’être achevé pour ma part, est parfois ponctué de doutes et de passages à vide, on égare parfois le sens de sa vie. Mais pour ma part, je pourrais presque dire que je suis heureuse.
On est aussi confronté à d’autres épreuves : je suis retombée enceinte quelques mois plus tard mais j’ai fait une grossesse extra-utérine couplée à de très gros problèmes dentaires. J’ai cru un moment que la vie s’acharnait sur moi, je n’ai cessé d’espérer voir la lumière au bout du tunnel.
Et j’ai bien fait d’espérer car la lumière finit toujours par nous éblouir de nouveau.

Je ne sais pas si un jour je pourrai donner la vie de nouveau : est-ce le plus important ?
Les autres ne le voient pas forcément mais il ne s’est pas RIEN passé.
Il y a eu ce petit bout de vie, ce petit être qui a vécu un peu en moi et à qui je pense si souvent. Il a sa place et ce qu’il m’a apporté de force et de fragilité fait de moi quelqu’un de tout autre.
Ni meilleur, ni moins bien, mais quelqu’un qui se satisfait de regarder les fleurs pousser.

Emmanuelle

Le bonheur se rapproche à petits pas

Surmonter une séparation

Une flèche dans mon coeur. Il saisit son arc et décoche une première flèche.
– « C’est fini. »
Les battements de mon coeur s’accélèrent. La deuxième flèche les réduit au silence.
– « Tu prends tes affaires et tu déménages aujourd’hui. »
Transpercé, mon coeur s’arrête de battre quelques instants, juste le temps qu’il lui faut pour comprendre. Pourtant, persuadée que ses mots ne seront pas réels tant que les miens ne leur auront pas fait écho, je reste silencieuse quelques secondes. Je tente de chercher une émotion sur son visage, trouver une explication au fond de ses yeux.
Depuis quelques semaines, je voyais bien qu’il était distant, presque absent. Que la tendresse avait déjà presque fait place à l’indifférence. Alors que c’était carrément son amour qui s’était réduit en poussière.

C’était mon grand amour. J’avais 17 ans quand je l’ai rencontré. J’étais persuadée qu’il serait le père de mes enfants.
J’ai passé sept ans avec lui, dont cinq de vie commune. Je me rends bien compte que tout cela semble aujourd’hui presque banal, que j’aurais pu vivre un malheur bien plus grand que celui de perdre l’homme de ma vie. Mais à l’époque c’est le ciel qui me tombait sur la tête.
Toute ma vie qui s’effondrait.
En quelques mots et en quelques heures.
Il voulait que je déménage mes affaires dans la journée. J’ai appelé mes parents et ils m’ont aidée pour que Môssieur ne retrouve plus aucune trace de ma présence quand il reviendrait en fin d’après-midi.

Mon coeur était comme une boule de papier qu’il avait pris le soin de froisser avant de la déchirer.

Heureusement, dans mon malheur, j’ai eu la chance que tout cela arrive au début du mois de juillet. Je devais partir terminer mes études à 300 km de là deux mois plus tard.
Ce déménagement m’a permis de m’évader d’une ville où j’avais beaucoup trop de souvenirs avec lui. Un nouveau paysage, de nouveaux visages, voilà exactement tout ce qu’il me fallait.

Ma reconstruction s’est fait en plusieurs phases.
D’abord une totale répulsion face aux hommes (« tous des salauds! ») pendant six mois.
Puis une phase de redécouverte, que j’appelle ma période de papillonnage. Je découvre que l’on peut passer de bons moments avec les hommes sans pour autant s’attacher. Je butine, je picore, je refuse tout engagement, je fuis ceux qui pourraient s’attacher à moi. En surface, je m’amuse et je suis heureuse, mais tout au fond, je ne suis pas si enthousiaste. Mais les sorties avec les amies et les rencontres, même rapides, me permettent de me connecter à une nouvelle réalité. Je découvre qu’il est possible de vivre sans lui.
Le bonheur est encore loin, mais je ne pleure plus en pensant à la perte de celui que je croyais être le seul homme qui saurait m’aimer.

Et un jour je reçois un email d’un homme via un site de rencontre. Il dit qu’on se connait, qu’on était au lycée ensemble.
Il se décrit et me donne ses initiales.
J’ai un flash. Mon coeur bat la chamade.
Il ne s’agit pourtant que d’un vieux copain qui ne m’a jamais vraiment attiré, mais je ressens tout à coup un étrange pressentiment.

Nous passons toutes nos soirées à tchater, je ne me suis jamais sentie aussi bien de toute ma vie.
En totale confiance, en osmose, enveloppée dans une vague de bien-être inexplicable.
J’ai l’impression de revenir à la vie, comme si tout ce que j’avais vécu auparavant n’était pas tout à fait réel. Comme quand on se réveille un matin après avoir passé une nuit à faire un cauchemar terrible, puis de petits rêves étranges, pas désagréables, mais pas non plus très apaisants.

Trois semaines plus tard, on se donne finalement rendez-vous. On parle comme deux vieux amis pendant des heures, et, comme dans un bon vieux cliché, on s’embrasse à la fin de la soirée.
Chacun a déjà vécu une partie de sa vie, plus ou moins bien. C’est ainsi que tout naturellement, nous décidons de la continuer ensemble.
Pile deux ans après la séparation que je pensais être fatale.

Huit ans plus tard, nous avons trois enfants ensemble. J’ai 34 ans. Et avec du recul, je me dis que ce que je croyais être une montagne infranchissable n’était en réalité qu’une petite colline que j’ai réussi à enjamber.
Et si j’y suis arrivée, moi, l’émotive, l’hyper-sensible, alors tout le monde peut y arriver.
Facile à dire me direz-vous. Certainement.
Pour y arriver, il faut essayer de dresser une liste de tous les points positifs de notre vie en occultant des choses qui ne vont pas. Une sorte de « pour et contre », mais en ne gardant que les pour ! C’est ainsi que l’on apprend à voir son verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide.

Et pendant ce temps, le bonheur se rapproche à petits pas vers nous, (bien trop lentement, je suis d’accord) pour nous surprendre au moment où l’on s’y attend le moins.

Célina

Le verre à moitié plein

Se battre contre un cancer

2003, je donne naissance à mes jumeaux, eux que nous avons attendons pendant sept longues années.
Nous sommes heureux, fiers, affairés.
Une fossette apparait sous le sein et me fait sourire pensant que c’est le résultat d’un allaitement de 6 mois des jumeaux.

La fossette se creuse, je finis par m’inquiéter, je consulte : tumeur au sein.
Le monde s’effondre.
Je vais vraiment mourir bientôt ? Cette réalité si bête devient trop réaliste.

Ma première angoisse : qui va s’occuper de mes petits quand je ne serai plus là ?
Et puis les traitements commencent, chimio, chirurgie, e-chimio, radiothérapie. Je travaille les 3 premiers mois puis je m’effondre.
Le médecin m’arrête et m’accuse de nier ma maladie.
Je me réveille.

J’ai deux options, me laisser aller, pleurer, déprimer ou vivre, me battre.
Je choisis de me battre.

J’achète un vélo et je fais tous mes trajets avec ce nouvel ami, synonyme de ma combativité. J’épuise les amies qui veulent m’accompagner, la sœur qui veut me suivre dans mes sorties, je m’invente des objectifs toujours plus loin, j’explore.

Les médecins, l’hôpital, je leur laisse s’occuper de mon corps, je le leur confie. Moi je m’occupe de mon âme.
Je refuse de connaitre la liste interminable des effets secondaires et j’accepte de vivre l’instant présent. Je ne me force plus à me projeter car je sais que je n’y arrive plus. Ce sera pour plus tard.
Un sein en moins ? Super, je gagne une superbe poitrine (bon là j’exagère un peu…).

Mes petits, je les protège comme je peux car ce sont eux qui risquent de garder des séquelles de tout ça. Je deviens une maman un peu trop cool et eux sont des amours calins.
Je n’écoute plus les nouvelles, trop pleines de mauvaises nouvelles ou de source d’inquiétude. J’élimine le négatif.

J’ai fait le choix d’être positive, de voir le verre à moitié plein et non à moitié vide.

2014, je ne dis pas que je n’y pense plus mais je suis en paix.
Je suis heureuse, j’ai découvert en mon mari un être extraordinaire, solide, aimant. J’ai de la chance. Je vais bien. Nous allons bien.
L’avenir nous appartient à nouveau et nous comptons profiter de chaque minute de ce futur retrouvé.

Laure