La vie ne se mérite pas, elle se vit tout simplement

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J’avais 12 ans, et je vivais dans un monde idéal: un pays où il faisait toujours chaud, des week-ends au bord de la piscine, des heures insouciantes auprès de mes amis.

Et puis il y a eu cette nuit, l’attentat, le président assassiné, le génocide qui a commencé. Du haut des mes 12 ans de petite expat, je n’ai pas tout compris, mais j’ai ressenti pour la première fois de ma vie la peur, la vraie, le danger. Nous sommes restés 3 jours avant d’être évacués, laissant toute notre vie là-bas.

Ensuite, il y a eu le retour en France et l’apprentissage d’un monde dans lequel je ne me sentais pas à ma place. Au début, je n’ai pas saisi l’importance des dégâts qu’avait provoqués cet évènement. C’est au fil du temps que les « symptômes » sont apparus: manque de confiance, culpabilité d’être en vie, peur paralysante que tout s’achève.

Il a fallu presque 18 ans pour que j’arrive à mettre les mots sur tout ça, et encore 2 ans de thérapie pour comprendre, accepter et dépasser. J’ai eu la chance de rencontrer une psy formidable, qui parfois m’a poussée dans mes retranchements. J’ai fait des recherches, et j’ai retrouvé des personnes qui avaient vécu la même histoire que moi.

Parler, encore et encore m’a beaucoup aidée. J’ai aussi fait un peu de sophrologie et de reïki, pour m’aider à maîtriser mes moments d’angoisse. Aujourd’hui, je n’ai pas fini mon parcours, mais je sais que je suis forte, bien plus forte que ce que j’imaginais.

Et je n’ai plus à m’excuser de vivre, à essayer d’être la meilleure pour justifier cette vie. Aujourd’hui, je regarde mes enfants et mon homme, mes amis, et je sais à quel point tout cela est précieux. Je les regarde sereinement, en n’ayant plus peur que tout s’arrête, mais en me projetant dans le futur. La vie ne se mérite pas, elle se vit tout simplement.

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