Je me suis réapproprié mon corps

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J’ai 19 ans, je sors d’une relation compliquée, je suis un peu perdue.

Heureusement mon meilleur ami est là pour me soutenir. Il est comme un frère pour moi, il m’emmene décompresser chez nos amis une semaine (et je mens à mes parents pour y aller). Seulement lui, il veut plus, davantage, je ne le sais pas. Et il profitera de mon sommeil pour avoir ce qu’il n’a pas eu en baladant ses mains.

Au départ, j’ai eu une grosse phase de déni. Non c’est faux, je reprenais ma vie telle quelle, mon BTS, les sorties, le théâtre… il ne s’est rien passé. Mais nos amis en commun m’ont fuie, je me suis retrouvée seule.
Puis les crises de panique que j’avais dès qu’on me touchait, passer des heures sous la douche à se frotter, se laver,  m’ont rappelé que non, je devais y faire face, je ne pouvais pas oublier.
Puis il y a eu la colère, je voulais le faire payer, le faire souffrir.

En fait, je m’en voulais à moi. Je m’en voulais de ne pas avoir réagi, d’avoir laissé faire pendant une semaine, en pensant que je délirais. Je m’en voulais d’avoir menti à mes parents, d’avoir provoqué ça, car c’était ma faute obligatoirement, c’était à cause de mon corps.
Puis petit à petit, j’ai accepté. Oui ça c’est passé. Oui je suis là, je surmonte, il y a des hauts, des bas, mais je suis là.

Il n’avait pas le droit, c’est lui le fautif.

Je me suis fait tatouer, pour me réapproprier mon corps, il est à moi, c’est moi qui dois décider ce que j’en fais et non les autres. C’est ce qui m’a permis de passer un cap. Un gros cap. J’ai eu l’impression de le marquer, de me l’approprier enfin.
J’ai rencontré mon mari qui m’a aidée, m’a soutenue et m’a remuée aussi.

Aujourd’hui je suis à la veille de mes 30 ans. Je n’ai pas oublié, mais j’ai réussi à surmonter tout ça. Je me suis fait aider, et parfois je redoute de le croiser dans la rue. Mais je suis fière de continuer à avancer. J’ai un enfant, et en veux des tas, je continue à vivre, à aimer, à rire et à être celle que je suis vraiment.

Je m’assume, j’assume mon corps, celui que je détestais tant.

Oui il y a eu un avant et un après, j’ai changé. Mais j’ai une force en plus, avoir survécu à ça, et j’en suis fière. Alors oui il faut en parler, non il ne faut pas avoir honte, et surtout continuer à vivre, c’est le plus cadeau qu’on puisse se faire.

Juliette

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