C’était une décision juste

espoir

Il y a trois ans et trois mois précisément, je rencontrais mon amoureux. Un garçon charmant, en étude, comme moi, avec qui le courant est immédiatement passé.

Nous nous voyons entre nos cours (lui ingénieur, et moi en Droit), ou le soir, où je faisais en sorte de rater le bus pour ne pas rentrer chez mes parents, et rester avec lui. L’insouciance !

Tout allait bien dans notre relation, nous prenions notre temps. En Juin, j’avais décidé de passer une semaine chez lui pendant mes partiels. Un matin, j’ai commencé à me sentir mal, nauséeuse. Puis un deuxième matin. Puis un troisième. Prise de vomissements, et au bout du 5e jour, j’appelais ma mère pour lui en parler. Je lui disais que je pensais avoir attrapé froid au ventre, ou avoir mangé un truc avarié. Elle, maman de quatre enfants, a tout de suite réagi « Ma chérie, achète un test de grossesse. » Je lui disais « Ne t’en fais pas, on se protège, on fait attention. » Mais j’ai quand même été en acheter un à la pharmacie, pour me rassurer. Trois minutes pour avoir le résultat. La deuxième barre rose est apparue en moins de trente secondes. Je le savais, j’étais enceinte. Rouge, tremblante, je l’ai annoncé à mon amoureux et à ma mère. « Tu veux faire quoi », m’a-t-elle demandé. « On ne peut pas le garder, on n’a pas les moyens de l’élever, de lui donner une bonne vie. » Elle a tout de suite téléphoné à son gynécologue, qui m’a prise l’après-midi même. « Vous êtes enceinte de six semaines. Le fœtus est bien formé. Le cœur bat correctement. Vous voulez l’entendre ? » Surtout pas. Je savais que ce qui grandissait dans mon ventre allait bien, pourrait vivre, et pourtant, je savais que ça ne devait pas arriver. On se retrouva alors la semaine suivante à la clinique, ma mère, mon amoureux et moi. On m’emmena dans la salle d’opération. Je me souviens de l’infirmière qui chantait Stéphanie de Monaco. Ca me faisait rire.

Mais en me réveillant, je ne riais plus. Je pleurais. Trop dur pour moi d’accepter ce que je venais de faire. Les jours suivants, je pleurais tous les jours. Mon chéri me soutenait, faisait tout pour me remonter le moral. J’avais le baby blues. Je ne voulais rien d’autre que faire machine arrière. Les semaines sont passées, les mois aussi. Je pleurais encore. Six mois plus tard, mon chéri m’avoua à quel point il le vivait mal, et pleura pour la première fois dans mes bras. A ce moment-là, j’ai décidé de prendre sa place, et d’être forte pour nous deux. Il avait laissé sa peine de côté pour moi. Je devais l’aider à mon tour. Depuis le jour où il a pleuré, nous en avons souvent parlé, pour avancer, pour tourner la page, en sachant très bien que la plaie ne se refermerait jamais vraiment. Nos familles ont été présentes pour nous. C’était une décision juste, mature, importante, mais douloureuse. Aujourd’hui, trois ans plus tard, à force de travail sur nous, à force d’écrire dans le petit carnet que j’ai dédié à ce moment difficile de nos vies, nous avons r elevé la tête. Nous nous sommes reconstruits, et nous nous sommes promis qu’un jour, nous aurions un enfant, qui pourra recevoir tout l’amour que l’on aurait aimé donner à ce bébé.

K

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