Je savais ce que je ne voulais plus

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Je n’étais pas préparée à ça et je ne l’ai pas vu venir, mon travail c’est justement d’apprendre aux entreprises à prévenir harcèlement, burn out et autres joyeusetés en ressources humaines, les cordonniers tout ça…

Elle c’est ma chef, ma « responsable », que de responsabilités :

D’abord des petits reproches puis des invectives en public. Des coups de fils en dehors des heures de bureau et puis des mails à n’en plus finir, ordres, contre-ordres, comparaisons toujours en ma défaveur, conversations qui s’arrêtent quand je rentre dans la pièce.

Depuis que je suis enfant je fuis le conflit, je recherche le compromis à tout prix. Mais quel compromis offrir à quelqu’un qui souhaite vous humilier ? Quel compromis proposer à quelqu’un qui fait de vous sa cible quotidienne ?

Je ne sais pas expliquer quel a été le déclic : ma famille si soutenante dans ces mois de boule au ventre, les enfants si tendres, mon amoureux amoureux, solide et pragmatique (« on se débrouillera avec moins de fric mais on sera plus heureux », merci mon amour) ? Le regard et la force des gens de mon équipe me rappelant chaque jour la qualité de ce que nous faisions ensemble ?

Ces conversations avec mes amis virtuels des soirées entières et leur second degré, leur chaleur, leurs trucs et astuces de vis ma vie de harcelé(e) au travail ?

Mais voilà un matin je n’ai pas reculé devant le conflit, et je suis restée droite et je n’ai recherché aucun compromis et j’ai dit non et je n’ai pas cédé.

Je suis partie « comme un prince », comme on dit, en étant à la fois sûre et fière de moi, des mots prononcés à haute et claire voix. Je ne savais pas ce que j’allais retrouver mais je savais ce que je ne voulais plus et j’avais découvert que je savais le dire, quelle force à la fois déconcertante et tranquille.

Aujourd’hui je suis au bord de démarrer une nouvelle histoire professionnelle et je me sens prête parce que je sais désormais repérer les personnes et situations « à risque » et surtout parce que je sais que je suis capable de les éviter et si nécessaire de les affronter.

Je resterai une femme de compromis parce que c’est moi et que je suis structurellement comme ça mais je sais aujourd’hui pouvoir apprendre à mes enfants qu’on peut entrer en résistance parce que le travail ne doit pas être une souffrance et que je l’ai fait. Oui, c’est moi qui l’ai fait.

Emmanuelle

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