Un petit Lion

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J’avais 26 ans, à moins de 6 mois de grossesse, je fais une pré-éclamspie et hellp syndrom. Mon fils Léo nait par césarienne pour sauvetage maternel. Lui, souffre, et à un retard de croissance. Il pèse 650g. C’est mon premier enfant.

Avec son papa, nous découvrons l’hyper-médicalisation, la réa pour tout petit. Transfusions, intubation, opération du canal artériel…. ces mots feront partie de notre vocabulaire quotidien. C’est le chaos. La peur. La survie. On s’accroche à l’espoir d’une chance sur 4 de survie. Léo a une hémorragie cérébral de grade 3 qui au bout d’un mois de vie passe au grade 4. Son pronostic vital est engagé. Il décède dans mes bras…. entouré d’amour…. J’avais découvert l’association SOS Préma.

Après son décès, je m’inscris sur le forum de discussion. J’y trouve, des bulles d’oxygène quand j’ai le souffle coupé, des ilots de fleurs colorés quand tout est sombre autour de moi, de la douceur et de la bienveillance quand tout échange en société « avec n’importe qui » est violent, compliqué! La première année est la plus dure, les mois passent, les étapes. Entre la douleur, des moment de répit. Un sourire s’invite au coin des lèvres et me surprend. Je sais qu’il faut du temps. Pour me comprendre, comprendre ma douleur, me l’expliquer, je lis. En dehors du forum de discussion, ou j’échange avec des « mamanges », j’ai besoin de plus, d’autres témoignages. Je lis, « nos étoiles ont filé », « le fils », « karine après la vie », « deux petit pas sur le sable mouillé ». Ce que je ressens est normal. Je vais voir une psychologue aussi, ça peut aider, c’est un « outil » de plus. Ca me fait du bien. Je m’engage dans l’association SOS Préma en tant que correspondante locale de l’Oise.

Je trouve ma place de « maman » dans l’action. La deuxième année, c’est un rire, un fou rire qui me prend par surprise. Je ne peux pas dire que je vais bien, je ne peux pas dire que je vais mal. Je donne naissance à ma fille… Lilly. La troisième année… Un sentiment de sérénité me surprend. Je donne naissance à Gabin. Il y a des moments où je suis triste, mais juste triste, pas plus. Léo n’est plus dans ma tête, ça parait bête à dire mais il est dans mon coeur, c’est là qu’est sa place. Bientôt 4 ans, je n’oublie pas et je vais bien!

Julie

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