J’ai fait un choix : celui d’être heureuse malgré tout

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On me dit souvent que je suis forte…. Pas en muscles non… en kilos, oui… et en caractère aussi et surtout.
Je ne sais pas d’où me vient cette force… Tout ce que je sais, c’est que je ne suis pas du genre à baisser les bras, à me laisser aller.

Peut-être parce que pendant 26 ans, j’ai vécu avec une maladie invisible, méconnue qui m’a appris à sourire tout en hurlant de douleur à l’intérieur.. Une maladie qui m’a appris qu’il fallait que je me lève tous les matins malgré les douleurs.

Mais ce n’est pas de la maladie dont je veux parler.

Plutôt de l’année 2012… année qui devait être la fin du monde, l’apocalypse qui n’est arrivée que dans les films… J’adore d’ailleurs ces genre de film catastrophe, avec des tornades, des météores, des tremblements de terre…
L’année 2012 devait être mon année ! Mariage le 07 juillet alors forcément…

Le 09 mai j’ai été choisir ma robe de mariée (une belle robe blanche exactement comme j’avais juré de ne jamais avoir)… Et le 10 mai, vers 18h, alors que je prenais une douche et que je me lavais les cheveux… un coup de fil… terrible…. Ma tante en larmes qui répète mon nom plusieurs fois et qui finit par m’annoncer qu’Edwige est morte… qu’on a retrouvé son corps à demi calciné près de sa voiture.. dans un bois…

Edwige, c’était la femme de mon père depuis environ 15 ans. Une femme que j’ai eue du mal à aimer au début… Une femme passionnante pourtant, avec une vie pas facile mais qui avait su être forte pendant si longtemps… Une mère… finalement abandonnée par sa propre fille, séduite par le côté relâché de l’éducation paternelle…. Une mère qui a sombré dans une dépression dont elle n’a jamais pu sortir… Et qui a décidé d’en finir avec la vie, ce jour-là, en sortant de chez son psy.
Je crois que ce fut l’un des jours les plus terribles de toute ma vie.
Parce que le suicide d’un proche c’est l’engrenage vers le sentiment de culpabilité.. Et si ? Et si j’avais été plus sympa ? Et si je l’avais appelée plus souvent ? Et si… et si j’arrêtais de me culpabiliser ? Hors de question de sombrer, elle a voulu partir, elle a choisi de partir…

Mais moi je suis en vie, ma famille est en vie, mon père est libéré… libéré d’une femme dépressive.. Je n’ai pas honte de penser ainsi. Sa maladie pourrissait la vie de toute la famille… il faut que je voie le positif… il y en a forcément, ce positif c’est une nouvelle vie pour mon papa, c’est une nouvelle relation également entre mon papa et moi, qui est plus disponible, qui parle, qui partage après des années d’enfermement moral.

Je n’oublierai jamais cette femme, elle restera à jamais gravée dans ma mémoire… pour plusieurs choses… et elle sera également l’exemple de ce que je ne serai jamais : quelqu’un qui abandonne…
Et puis mon mariage approche à grand pas, ce jour-là ça sera notre jour à mon mari et à moi, on ne nous le gâchera pas…
Et pourtant…..

5 jours avant mon mariage, ma petite chienne de 15 ans et demi nous a quittés… j’ai dû prendre la lourde et douloureuse décision… chez le vétérinaire.. ce lundi 02 juillet… Ma toutounette c’était mon bébé, ma meilleure amie, ma peluche, ma bouillotte, le centre de ma vie.. Pendant tellement d’années à me faire des câlins, à rester près de moi pendant mes crises de douleurs… à faire pipi et caca dans ma maison.. surtout quand il y avait des invités :D… Je l’ai gardé dans mes bras jusqu’à la fin, elle s’est endormie dans mes bras, contre moi… ma douleur était si forte… à peine entrain de commencer à remonter la mort de ma belle-mère que je replonge dans la douleur..
Mais dans 5 jours je me marie…
Dans 5 jours je serais entourée d’une centaine de personnes, dans 5 jours je vais devoir rire, danser, chanter….

Il me faut à nouveau regarder le bon côté : j’ai eu la chance d’avoir ma toutounette pendant 15 ans et demi, j’ai eu la chance de l’avoir dans ma vie, elle m’a apportée de l’amour, je l’ai aimée comme on aime un enfant… je l’ai portée jusqu’au bout, j’ai été là avec elle. Et un jour, je la retrouverai… Maintenant, ma vie est avec mon chéri et mes 2 chats…. Mon petit Garfield surtout, pour qui le départ de Toutounette est une libération car elle était possessive et mon chat n’a jamais eu vraiment la chance de pouvoir m’avoir pour lui… Du positif pour Garfield qui ne me quitte plus depuis….

On se relève, on continue, pour ceux qui nous aiment, personnes ou animaux… on se relève car la vie réserve également tellement de belles choses… ne serait-ce que ce sourire magnifique de ma nièce à chaque fois qu’elle me voit… à courir et se jeter dans mes bras… Ne serait-ce que pour mon mari qui est là à mes côtés et qui m’aime… Ne serait-ce que pour mon papa, ma maman, ma famille, mes amis… surtout ceux qui m’apportent leur force tous les jours…. Et il y a cet agrément d’adoption que nous venons de recevoir…. De la joie, de l’espoir !

Et puis, juillet nous apporte à nouveau une grande tristesse… la dernière fiv est un échec… comme les 5 tentatives précédentes. C’est fini. L’espoir d’une grossesse est définitivement perdu. Nous ne serons jamais parents biologiques, je ne sentirai jamais grandir la vie en moi, je ne donnerai jamais naissance à un enfant, mon mari et moi n’aurons jamais de mini-nous….
J’aurais pu sombrer… trop d’épreuves les unes à la suite des autres, trop rapprochées…

Au lieu de cela, je me lève tous les matins pour aller travailler, m’occuper des autres, les aider à trouver un emploi, écouter leurs galères… ces personnes qui ont besoin de moi et qui me remercient car « sans moi, ils n’auraient pas remonté la pente et trouvé un boulot ».
Et Il y a cette petite fille, ma nièce, si innocente, si rigolote, qui a besoin de sa tata adorée pour jouer et lui apprendre des bêtises (« les pets de princesses sentent la rose… ») Et mon autre petite nièce, qui habite de l’autre côté de l’océan, mais à qui je pense souvent… et ce grand neveu par alliance si adorable  qui semblent m’adorer aussi !
Je m’accroche à tout ce que je peux et je ne sombre pas. Car oui, je suis forte. Je sais sourire en hurlant à l’intérieur, je sais me lever même si chaque pas est souffrance…

Et au final, maintenant que les FIVs sont terminées, je vois le bon côté des choses : me faire enlever l’utérus pour vaincre ma maladie et devenir une nouvelle femme, sans douleur physique, réapprendre à vivre correctement, embrasser chaque moment de bonheur….
Et je me dis que j’ai la chance d’avoir un mari incroyable, une nièce du tonnerre, que nous avons l’agrément d’adoption, que nous avons toujours une chance d’être heureux, de fonder une famille, d’avoir des enfants…. Des enfants qui nous appelleront Papa et Maman… des enfants à qui je raconterai un jour la vie de cette femme qui n’a pas su trouver la force et la vie de cette toutounette qui a été ma force…
Des enfants qui me regarderont avec amour car je serai leur maman et qui deviendront ma nouvelle force…..
Je suis quelqu’un de fort, qui cherche le positif partout où je peux le trouver… parce que sombrer c’est faire souffrir les autres, ceux qui nous aiment… Et ça je ne veux pas.

Je veux sourire, rire, vivre, aimer et être aimée…
Nous sommes en 2014 maintenant, je vais bien. Je suis guérie de la maladie, je peux parler de ma belle-mère et de ma toutounette sans pleurer, je fais même partie d’une association qui se bat pour la reconnaissance de l’endométriose, mon ex-maladie (et quelle bonheur de pouvoir dire ça !) Et j’ai un nouveau petit neveu ! Je suis une tata comblée !

Je profite de tous les moments de bonheur et j’attends toujours d’adopter en sachant que chaque jour qui passe me rapproche de mes enfants !!
J’ai fait un choix : celui d’être heureuse malgré tout.

Fifine

2 thoughts on “J’ai fait un choix : celui d’être heureuse malgré tout

  1. Merci pour ce témoignage , merci de nous donner des lunettes pour regarder tous les côtés positifs qu entoure nos vies ! Il n’y a pas que du negatif et loin de la ! Tu es une winneuse

  2. Merci pour ce témoignage très émouvant et pour ce ‘positivisme’ qui fait du bien par les temps qui courent. Et cela m’aide à me rappeler au combien de chance que la dernière marche…

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