Tout pour être heureux

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« Tout pour être heureux » on pouvait définir notre vie ainsi: couple amoureux et complice, une adorable gamine de 20 mois dégourdie et intelligente, une maison récemment achetée, des boulots intéressants, et cerise sur le gâteau je retombe enceinte dès l’arrêt de ma pilule !

On annonce cette bonne nouvelle tout de suite, à tout le monde, y compris à notre puce! Je me sens bien, en forme, je ne suis pas malade comme j’ai pu l’être lorsque j’étais enceinte de ma fille. J’ai parfois mal dans les reins, cela me réveille même la nuit, mais je suis d’une nature positive et puis chaque grossesse est différente, nan?
Puis un soir, du sang, pas beaucoup mais ça m’inquiète, je file aux urgences. On m’examine, plus de sang.
« Vous savez Madame, ça arrive, on va quand même faire une écho de contrôle pour vous rassurer »

Dans la salle d’écho, je dis même:  « Oh, j’ai dû dramatiser pour rien »
Puis l’écho, les minutes qui passent, le regard sombre de l’interne puis :
« Ce sont des jumeaux mais … hum… je ne sais pas, l’un est plus développé que l’autre, je ne vois pas de cœur battre, mais il est peut-être encore trop tôt dans la grossesse »
Je bafouille « Mais ils vont bien ou pas? »
« Revenez la semaine prochaine  » je calcule, les cœurs devraient battre. je me souviens, on entendait celui de ma fille alors que ma grossesse était moins bien avancée…

Je sens que c’est fini, sentiment partagé par mon conjoint en voyant le compte rendu de l’hôpital. Le lendemain, mon médecin traitant me confirme qu’il s’agit bien d’une fausse couche, le mot est lancé…
S’en suit 1 mois de calvaire avec mes bébés morts en moi, 1 mois à attendre d’abord que la « nature » veuille bien faire son travail, puis aidée par des cachetons de cytotec et enfin pour finir sur la table d’opération le 14 décembre 2011.
Ils étaient prévus pour le 28 juin, je n’ai pas pu mettre en route un autre bébé avant, les mois précédents je les ai passés dans le brouillard, bossant comme une forcenée. Je pense que je n’ai rien laissé paraitre mais c’était le vide, le néant en moi.
Puis en juillet je suis retombée enceinte, avec beaucoup d’angoisses, j’ai mis du temps à l’annoncer sauf à mes parents mais avec cette petite phrase derrière « Ne nous réjouissons pas trop vite »

J’évitais de penser à cet embryon qui grandissait en moi, mais j’ai eu la chance de tomber sur une sage-femme formidable qui m’a réconciliée avec cette grossesse. Nous avons pratiqué l’haptonomie, ce qui m’a permis de créer un lien avec ce bébé dont j’avais envie mais que j’appréhendais. La grossesse ne fut pas médicalement facile avec un risque d’accouchement prématuré, mais mon petit bonhomme est arrivé naturellement à J+1 avec un poids de plus de 4 kg!

Un petit garçon serein qui fait le bonheur de toute sa famille.
Aujourd’hui, je suis de nouveau heureuse et épanouie. j’ai fait le deuil de cette grossesse que je n’ai pu porter jusqu’au bout, j’ai fait le deuil de ces jumeaux que je ne verrai jamais grandir, et quand je vois les grands yeux bleus et le sourire de mon fils, je me dis qu’il fallait que je passe par là pour apprécier les moments d’amour que je vis aujourd’hui.
Je tenais à dire aux mamans qui passent cette épreuve que non, la nature n’est pas bien faite, non ce n’est pas votre faute,  non il ne s’agit pas simplement d’un fœtus. Ils sont bien vos enfants à jamais. Et que oui, la douleur est immense.Mais la perte ne veut pas dire que la vie est finie, on apprend à vivre avec c’est tout.

Et on réapprend à être heureux, entouré de la joie de vivre de la fratrie, pleine de vie!.

Ingrid

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