Quand ce sera le moment

J’ai connu : (par ordre chronologique)
– Le mariage loupé
2 fois, et avec 2 Jean-Marc, (si si si, hasard bizarre) le premier à 18 ans, le second à 32.
– La perte d’un bébé à l’âge de 2 mois, suite à une malformation congénitale.
J’avais 20 ans.


– La toxicomanie : (puis la desintox au bout de 3 ans) rencontre des mauvaises personnes au mauvais moment, j’étais à l’ouest et dépressive suite à la mort d’Emilie… Pas une excuse, une explication peut-être ?
– La dépression chronique, depuis la mort d’Emilie, il y a 35 ans, jusqu’à tout récemment…
– L’abandon d’un de mes grands amours, je lui aurais décroché la lune, il est revenu de vacances amoureux d’une jeunette de 16 ans… et a joué avec mes nerfs pendant encore 3 ans.
– L’infertilité : après Emilie, j’ai voulu refaire des bébés (avec ou sans père, peu importe) Il m’a fallu 14 fausses couches, dont 2 GEU pour enfin avoir deux enfants (grands à présent, 27 et 20 ans)
– Le surendettement quand je vivais seule avec mon bébé, il y a 25 ans, nous avons frôlé l’expulsion de notre HLM dont je ne pouvais plus payer le loyer alors que je travaillais à plein temps
– L’alcoolisme depuis plus ou moins toujours, (Emilie/dépression/stress au boulot…) grave depuis 10 ans, en rémission depuis… 3 mois ?
– La difficulté de faire mon deuil : ma belle-soeur de 31 ans, puis papa 2 mois plus tard, en 2001. Ne parlons pas de celui d’Emilie…
10 ans pour arriver à un alcoolisme d’anxiété, à une conduire suicidaire et au final un diagnostic : je serais bipolaire ?
– Et enfin l’an dernier un chouette cancer du sein !
Je vous jure que je n’affabule pas !

Sauf que ce dernier « malheur » est en fait ma rédemption !
Je vais mieux… Enfin je crois. Avoir été très gravement malade m’a permis de faire le point, d’enfin reconnaître que la vie est belle, d’avoir enfin la niaque et envie de lutter contre mes démons. Et d’y parvenir.
Je suis zen, je profite de mes tout petits bonheurs quotidiens : un rayon de soleil (dans le nord, c’est super, les gens du sud ne se rendent pas compte ! ), un câlin de ma fille chérie, un blabla avec un commerçant que je connais bien, ou avec Robert, mon vieux voisin… et j’en passe. A présent, je les reconnais, ces petits bonheurs, et je les savoure. Je ne bois plus une goutte d’alcool et ça ne me manque pas (bon, 3 mois, hein ? J’en ai bien conscience). L’ambiance à la maison est enfin devenue cool, telle qu’elle aurait dû être depuis toujours, mon mari et mes enfants sont sereins et me refont confiance. J’ai refermé les tiroirs de mes deuils, j’ai enfin accepté et dit adieu à Emilie… Je ne l’oublierai jamais, mais j’ai enfin compris qu’elle n’aurait jamais voulu que sa mort me détruise à ce point. Je suis sereine, apaisée, j’ai plus avancé dans ma tête avec ce cancer à « niquer » (oups), que pendant les 35 années précédentes. Je veux vivre, je suis jeune (56 balais que je ne fais pas), je suis cultivée, je ne suis pas trop mal payée alors que je ne bosse plus et que je ne bosserai plus jamais (ça aussi, il a fallu l’accepter ! ), je me consacre à ma famille et à notre maison sans états d’âme (j’ai assez donné), chaque jour est un miracle et… on verra bien après.
Prochain challenge : j’arrête de fumer…
Un jour…
Quand ce sera le moment.

2 thoughts on “Quand ce sera le moment

  1. Oups, je l’avais oublié, ce texte… Donc petite mise à jour ? Depuis que je l’ai écrit, j’ai pris un peu plus de deux ans, mon foutu cancer se tient à carreaux, enfin, je fais bientôt une mammo, on verra. Je me suis adaptée au non-travail, mes enfants avancent dans leurs vies respectives, j’ai perdu ma maman l’an dernier, et je ne bois pour ainsi dire plus jamais d’alcool. Je suis moins angoissée, pour ainsi dire plus angoissée du tout, et je profite de la vie en partant en vacances ou en week-end dès que possible, avec ou sans mon mari. Plutôt avec. Ah oui, je me suis mariée, aussi, pour la troisième fois, certes, mais après 25 ans de fiançailles…En gros, tout va bien, mis à part une énorme fatigue récurrente due à mon traotemnt hormonal costaud. Voili, voilou. Merci d’avoir pris la peine de me publier.

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