J’ai basculé du bon côté

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De même que petit à petit elle s’est insinuée.

Poste à responsabilités mais pas de pouvoir décisionnaire, on me confie les gros dossiers, les gros clients, mais quand il s’agit de prendre de vraies décisions, la hiérarchie fuit, la hiérarchie n’a pas le temps. Mais le client non plus n’a pas le temps, alors il est mécontent, me le fait savoir. Ca fait rire le grand chef pendant que moi, je me décompose peu à peu. Je tire la sonnette d’alarme une fois, deux fois, cent fois.

Dans la sphère privée je fais semblant, personne ne se rend compte, au mieux on me dit que ce n’est rien, ça va passer. Ces petits mots de rien du tout qui font si mal… Puis c’est la chute libre.

Jusqu’à ce que je rencontre le médecin qui va prononcer ce mot. Dépression. Ca y est, quelqu’un me comprend.

OUI, j’ai tout pour être heureuse, mais NON, je ne le suis pas. Et surtout, SURTOUT, OUI, j’en ai le droit.

La guérison a commencé, je crois, ce jour là.

Le jour où quelqu’un m’a dit que j’étais effectivement malade, j’ai commencé à guérir. Ca a été long, très long.

La rémission pour moi a commencé avec la chute finale. Le mal était reconnu, je pouvais arrêter de faire semblant. C’est fatigant de faire semblant. Alors je me suis reposée de tout ce temps. Ca a duré. Longtemps. La culpabilité m’a longtemps fait tout m’interdire. Je n’étais pas capable d’aller au bureau, alors je ne méritais pas de partir en vacances comme le préconisait le corps médical.

Je n’étais pas capable de m’occuper de ma famille, alors je ne méritais pas leur amour.

J’ai eu la chance d’être entourée par une équipe médicale qui me comprenait, et par une famille qui me soutenait.

Alors j’ai commencé à réaliser qu’il fallait que je sorte de tout ça.

Pour elle d’abord. Ma fille. Elle a alors à peine deux ans, en pleine construction, il lui faut sa maman. Et pour mon mari, qui prend le relais en plus de son travail. Il fait tout pour me faciliter le retour à la vie. Ce n’est pas facile pour lui, mais il le fait.

Ce n’est pas facile pour moi, mais je dois le faire

La remontée a duré un an et demi. J’ai du mal à en reparler car je ne me souviens pas bien de comment ça s’est passé, de comment j’ai basculé du bon côté.

Je pense que c’est parce que ça s’est fait tout doucement, progressivement. Si subrepticement que c’en était quasi imperceptible au jour le jour. Mais aujourd’hui, un an et demi après, le résultat est là.

J’ai appris à prendre de la distance avec tous ces détails qui m’atteignaient avant. Je me suis inventé une méthode que j’ai appelée la RAF attitude. Rien A Faire.

Le patron n’est pas content alors que j’ai fait tout ce qu’il fallait ? RAF.

Mes copines ne m’appellent que quand elles ont besoin de moi ? RAF.

Puis au début de l’été, j’ai pris une décision. A la rentrée, j’allais y retourner. On a tenté de m’en dissuader, on ne me sentait pas prête, trop fragile encore. Je crevais de peur à l’idée de retrouver ceux qui m’ont mise dans cet état, qui m’ont pris un an et demi de ma vie. Mais je savais aussi que c’était la seule solution pour m’en sortir vraiment.

Alors, un an et demi après avoir quitté mon travail, j’y suis retournée. Personne n’y croyait vraiment. Ca fait quatre mois.

Pour tout le monde, cette période est oubliée, c’est du passé.

Ca fait mal, mais il faut l’accepter…ou retomber. Et ça, c’est hors de question. Je suis fière d’avoir réussi, et c’est tout ce qui compte.

 

Mel

Je me sens belle, je me sens bien

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Aujourd’hui on est le 1er avril 2014, et ça a été une date importante pour moi. A l’époque.

J’ai 23 ans, j’ai toujours eu une vie idéale avec mon premier amour, ma moitié depuis 4 ans et demi. Une jolie voiture, un bel appartement, une relation complice et fusionnelle, son Amour, un bon taff, des projets de famille … Je n’ai jamais manqué de rien.

Et puis le Destin s’en est mêlé. Je comprends pas pourquoi. J’avais déjà réussi à pardonner, il y a deux ans, son corps contre celui de cette fille … Je pensais avoir eu ma dose de souffrance en Amour.

Je sature. Je ne supporte plus toute cette pression. Cette différence de culture. Et cette fille que sa famille aimerait que je sois. Pourquoi veulent-ils que je change alors qu’il m’a aimée 4 ans et demi telle que je suis. Pourquoi je devrais oublier mes convictions, trahir mes croyances par Amour ? Pourquoi il ne m’assume pas ?

Et là, la fin. Il n’a pas essayé de me rattraper, ni même de me faire changer d’avis. S’en est suivie ma longue liste de souffrance. Une nouvelle copine après quelques jours de son côté …  Des présentations officielles, c’est normal, elle est religieusement plus compatible que moi. Des espoirs. Des souffrances. Je ne sors plus, je mange plus, je souris plus, je réponds dans la seconde au moindre des ses messages. Il est tout le temps dans mes pensées, jour et nuit.

Je maigris a vue d’œil. J’ai toujours eu ces put*** d’angoisses. C’est peut être à cause d’elles qu’il est parti ? J’étais à deux doigts de la dépression. Maintenant je suis définitivement au fond du trou. Mon seul moment de bonheur c’est une lueur d’Espoir d’un nouveau Nous. C’est ce qui m’a sauvée. Ma famille s’inquiète pour ma santé. Pour ces os visibles sur mon corps. Pour ce visage creusé, ces cernes qui n’en finissent plus. Pour ce teint terne et ces faux sourires. Je suis vide. Je suis un sac d’os qui se traine chaque jours pour aller au travail et qui hiberne chaque weekend en pensant à Lui, à Nous. A nos moments de bonheurs passés. Et à ce que j’ai fait pour le faire partir.

Je suis à 38 kilos. J’ai peur pour ma vie et pour ma santé. Je suis faible physiquement mais tellement forte mentalement. J’ai perdu ma fierté pour lui. Je suis une merde. Mais je m’en fous, je l’aime. Je n’arrive plus à encaisser. Je fais du surplace, j’ai besoin d’aide médicale, je sais que seule je n’y arriverai pas. Et puis je retrouve la vie petit à petit. J’ai des copines qui me soutiennent, ces mêmes filles que j’ai délaissées 4 ans plus tôt pour donner priorité à mon amour. Pourquoi elles veulent m’aider ? Je les avais abandonnées pourtant. J’oublie ma souffrance pendant une heure, puis deux heures, puis je n’y pense plus le temps d’une soirée. Et puis je fais des rencontres. J’arrive encore à plaire. Et puis petit à petit je reprends un peu de poids. Je reprends plaisir à plaire, à masquer ma souffrance sous un joli maquillage.

Lui reste dans un coin de ma tête et moi je reviens à la vie. Je deviens presque heureuse. Il voit bien que j’ai changé. La joie de vivre me va si bien. J’ai bien rechuté plus d’une fois. Je suis forte. J’ai mes piliers avec moi, mes anges gardien et Dieu. Je crois que j’aime la vie. J’envisage même un futur sans lui. Je deviens incroyable. Je fais des choses que je n’aurais jamais pensé faire, je me surpasse. J’ai cassé la gueule à mes angoisses et j’ai repris le contrôle de mon corps et mon esprit. J’ai eu plusieurs relations depuis.

J’ai envie de me surpasser. Je reprends encore 8 kilos. Je suis à 50 kilos. J’ai repris le sport. Je n’ai jamais été aussi bien dans mon corps depuis ces 5 dernières années. Je me sens belle, bien, je suis souriante. J’ai envie de donner mon amour, donner mon cœur. J’ai plus envie de passer à côté de ma vie. Je suis heureuse, je suis revenue à la vie. J’aime mon nouveau moi. Je suis de nouveau prête à offrir mon cœur.

Si on m’avait prédit celle que je suis devenue je n’y aurais pas cru. C’est plus qu’un message d’Espoir. La vie continue, la vie est belle et a tellement de choses à nous offrir. Le Destin vous réserve parfois des choses malheureuses, mais combien de bonheurs on laisse passer ? Souffrir pour mieux apprécier la vie.

« On a deux vies : la deuxième commence le jour où on réalise qu’on en a juste une. »

Je ne remercierai jamais assez mes anges gardien : Ma Jum’, Mon Chou, Ma Ju’, Mon père, Mon frère, Mes cousines, Ma petite cousine, un rayon de soleil, mon Espoir. Ma religion.

Amor Fati.

Marjorie

Rien n’est plus important que les autres

Tentative de suicide

Mon mari a été mis à pied avec procédure de licenciement sans alerte au préalable.

Pour lui qui a toujours vécu pour son travail (15 ans dans la même entreprise avec des semaines de 50 heures) ça a été un choc terrible. A tel point qu’il n’ a voulu en parler à personne autour de nous.
Si bien qu’ajouté au fait que personne dans l’entreprise ne lui a manifesté de soutien, 5 jours après, il a fait une tentative de suicide. C’est moi qui l’ai trouvé et ai appelé les pompiers.

Il a bien sûr été hospitalisé en centre spécialisé et il est toujours suivi pour dépression. Mais l’important c’est surtout qu’il s’est rendu compte à quel point il était entouré : famille, amis tout le monde a pris de ses nouvelles et se tient régulièrement au courant de son état de santé.

Il a retrouvé du travail depuis 1 an mais il se rend compte maintenant de où se trouve l’important : nos fils, la famille proche ou éloignée, les amis, les voisins… tous ceux qui nous entourent au quotidien qui nous aident mais que nous pouvons également aider.

Tout cela pour dire que le travail ce n’est pas la vie, ça en fait partie, c’est important d’avoir un travail épanouissant mais il faut aussi avoir une vie à côté.
Et rien n’est plus important que les autres et les relations que nous pouvons avoir avec eux.

Stéphanie

Pour ma crapouille

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Tout a commencé lorsque j’avais 18 ans. Je suis tombée enceinte. Rien de bien méchant en soi. Le père ne m’a pas abandonnée, j’étais sûre de mon choix. A ce moment-là, le plus dur, c’était la famille.

La non-acceptation de cette grossesse par mes parents, les siens. Ca a commencé par ça. Lui étant du genre à se foutre de tout, moi en overdose d’hormones, j’ai tout pris en pleine poire. Et puis de petites choses ont gravité autour de ça. Au début nous ne vivions pas ensemble, et je ne le connaissais finalement pas tant que ça.

Le souci de ne pas avoir le même genre de caractère, et lui qui n’assumait finalement pas si bien que ça son rôle. Au hasard, comme la fois où il est parti à un festival une semaine et demi après la naissance de notre fille. Ou celles, nombreuses, où il me répétait qu’il partirait vivre dans une autre ville avec ou sans moi.

Ou celles où il m’a trompée. A la naissance de notre fille, j’ai été touchée par le baby blues, comme beaucoup de maman. Ca n’a été que le début d’une dépression qui a duré plusieurs mois.
Au début, je ne cherchais pas d’aide auprès de mes proches. Ils n’avaient pas été présents au début de ma grossesse, je ne voulais pas leur montrer que j’étais faible (je me suis quand même tournée vers eux quelques très rares fois) J’ai fini par aller voir mon médecin qui m’a prescrit des antidépresseurs légers.  Suffisants pour que je remarque d’où venait le problème. De lui, tout bêtement. J’ai fini par le mettre à la porte. Aussi dur que cela pouvait être.

Elever seule ma fille a été au début très dur. Elle faisait ses nuits, mais être h24 avec elle, ce n’était pas toujours facile. Mais j’ai surmonté ma dépression. Grâce à plein de petites choses, finalement. Ma famille, qui avait depuis bien longtemps accepté la situation, même si je ne voulais pas m’en rendre compte. Mes amis, toujours prêts à m’héberger quand ma puce était chez son père, à me détourner de la solitude. Les professionnelles de la Halte-garderie où je laissais ma crapouille deux demi-journées par semaine, pour souffler un peu.

Lui, qui est arrivé dans ma vie plusieurs mois après la bataille, qui m’a fait croire à nouveau en l’Amour (oui, oui, avec un grand A). Et plus que tout, Elle. Ma puce, ma crapouille, ma chérie, la seule qui ait donné un véritable sens à ma vie. J’ai grandi pour et avec elle. J’ai surmonté les obstacles, j’ai fait tout mon possible pour elle. Pour son sourire. Pour qu’elle ne me voit plus au fond du trou comme j’avais pu l’être. Pour qu’elle soit fière de sa maman. Aujourd’hui, elle a 4 ans. 4 ans qui se sont passés avec des hauts et des bas, mais 4 ans de bonheurs assurés.

Elle est ma fierté, ma raison de me lever le matin, la raison qui me donne envier d’avancer, de poursuivre ma route coute que coute. Plus que tout le reste, j’ai envie de lui dire merci.
Sache que je serais toujours là pour toi, et que ton sourire me nourrit d’une force que je n’aurais jamais pensé posséder avant.

Merci.

Aurélie

Je suis bien avec elle

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Je suis maman depuis le 23 octobre sur le papier, mais je me sens maman depuis début janvier.

J’ai eu ma petite fille par césarienne en urgence, je suis rentrée avec elle à la maison, mais je suis repartie en urgence 2 jours après pour une grosse infection à la cicatrice. Une césarienne c’est déjà psychologiquement difficile, je n’étais pas préparée à ça.

Cette sensation d’être dépendante quand ce n’est pas notre tempérament, c’est horrible.

8 jours d’hospitalisation, -4kg, pour vous dire que je l’ai mal vécu.

2ème hospitalisation, 5 jours d’isolement, séparée de mon bébé à même pas 10 jours de vie: -5kg, une profonde dépression.

A la suite de cette 2ème hospitalisation, des traitements lourds (pansements pendant 6 semaines) je ne peux toujours pas gérer ma fille seule, je m’enfonce…. J’ai peur d’être seule avec elle…. Début décembre, ma louloute est hospitalisée… Il faut que je me ressaisisse, je n’ai pas le droit de m’apitoyer sur mon sort, elle a besoin de moi.

Une famille et une belle famille formidables, un papa génial, tout le monde est autour de moi et essaye de me laisser gérer la situation sans me frustrer mais en m’orientant vers les bons choix sans forcer, je ne pourrai jamais assez les remercier . Au bout de 8 jours, elle sort de l’hôpital, et nous commençons à construire toute les 2 une relation mère-fille. Enfin je la vois comme MON bébé, je commence à ressentir un amour infini pour elle, je la sens moins nerveuse, moins stressée. Je retrouve le sourire, mon état s’améliore, je revis, elle me sourit.  Aujourd’hui, elle a 3mois, nous nous découvrons un peu tous les jours toute les 2, nous ne nous regardons plus comme 2 étrangères, je n’ai plus peur d’être seule avec elle.

Une césarienne c’est difficile, je trouve que l’on devrait donner plus que des infos médicales, on devrait insister auprès des futures mamans sur le fait que les premiers jours, vous ne pouvez pas gérer votre bébé. Mais aussi nous informer sur les éventuelles complications. J’ai culpabilisé pendant un mois et demi, je regrette d’avoir perdu ce temps précieux que sont les premiers moments avec bébé.

Aujourd’hui le temps fait son travail, je ne suis pas guérie, on n’oublie pas ce par quoi nous sommes passés, mais le sourire de ma fille me donne tous les jours la force de patienter jusqu’à la guérison complète, et même parfois je me surprends à penser à lui donner un petit frère.

Laetitia

J’ai réussi à avancer

Dépression post partum

C’était il y a 6 ans.
Une grossesse difficile vraiment bien gérée – Un tit bébé né en super forme – Une immense joie après ce combat – Enfin maman, bien qu’inespéré pendant longtemps – Un amour si intense pour ce si petit être.
Une césarienne mal vécue – Un échec d’allaitement mal vécu – Un mal être qui s’installe.

Un blues profond qui me faisait perdre mon sourire, mon enthousiasme. Un sentiment d’impuissance et de faiblesse. Une totale incompréhension. Mais pourquoi ? Comment est ce arrivé ? Autour de moi les gens ne comprenaient rien ! Moi non plus d’ailleurs ! « Mais enfin tu as eu ton petit, c’était inespéré, il va si bien ! Réjouis toi ! » Oui mais ! Le sentiment qu’on ne m’avait pas laissé la place de devenir mère, m’avait envahie :
– Je n’avais pas eu de contractions comme toutes les femmes.
– Je n’avais pas connu les douleurs d’un l’accouchement.
– Je n’avais pas senti mon enfant sortir de mon corps.
« Mais enfin tu étais préparée à tout ça depuis longtemps. Tu as cette chance ! Penses à ces femmes, qui en 2 minutes se retrouvent sur la table d’opération, en voyant une fourmilière s’activer autour d’elles, sans comprendre pourquoi! » C’est vrai, pourquoi je me plains ? Ben je ne sais pas. Tout ce que je sais, c’est que je ne vais pas bien, pas bien du tout et que j’essaie de trouver une raison à tout cela.

J’en parle avec mon gynécologue, totalement désarmé de me voir comme ça, après cette belle victoire ! Il m’envoie direct voir la psychologue de la mat.
Je la vois – Elle est très bien – M’écoute – Me dit que je suis tout à fait consciente de ce qui ne va pas – Tout va bien aller.
Elle ne se fait pas de soucis pour moi. Wahou je suis rassurée, je vois enfin une lueur de bonheur et d’espoir en moi.

Mais non ! Le temps passe. Rien ne change. Cette situation est détestable pour moi autant que pour mon homme et mon tit cœur… Heureusement ils sont là, me tiennent la main au quotidien. Je suis seulement capable de leur dire que je ne vais pas bien, que je ne sais pas pourquoi, que je ne sais pas quoi faire !
On continue de me donner des coups de pieds aux fesses ! Comme si j’étais une enfant capricieuse. « C’est bon maintenant faut que tu te secoues un peu ! » Mais je n’y arrive pas ! Ce mal être est trop profond. Je n’arrive pas à le faire sortir. Je ne trouve pas la recette. Je suis moi aussi épuisée, par cette situation.
Alors je cherche dépression sur le net ! Mais tout ce que je trouve ne me correspond pas.

Et un jour, je trouve « dépression post partum » ! Un mot inconnu ! C’est autre chose que le babyblues ! Je ne me reconnais pas dans tout, mais quand même ! Les symptômes sont là ! Enfin ! Je peux aller voir mon homme et lui expliquer, lui dire : Dépression post partum !
J’ai mis un mot. Mais je n’en suis pas sortie.
La reprise du travail. Une horreur. Une direction qui m’en veut (de quoi?) et fait tout pour m’abattre. Ils ont dû sentir ma faiblesse. Laisser mon enfant, mon petit cœur, mon petit « miracle », pour aller travailler pour des gens qui veulent me pousser vers la sortie ! Mais comment voulez vous que je reprenne le dessus ?

Je me retrouve chez mon docteur. Elle me demande : « comment allez vous ? » Je fonds en larme … Elle ne me connaissait pas comme ça ! Elle n’aurait jamais pensé me retrouver dans cet état. Elle me dit : « Ce n’est pas possible, il faut que vous alliez voir quelqu’un. » Elle téléphone et me prend rendez vous. Elle me prescrit des cachets pour m’aider à atténuer tout ça. Les cachets m’apaisent, mais ne me soignent pas. Oui ! La dépression post partum c’est une maladie. Oui ! Ça se soigne ! La psy, les cachets, le temps, la patience, l’épaule et le soutien solide de mon homme et j’ai réussi à sortir la tête de l’eau.
J’ai réussi à avancer. Je me suis construite en tant que maman. Et une maman solide et forte prête à défoncer des montagnes est née.

Pourquoi ? Pourquoi moi, pourtant je n’avais pas de prédisposition à la dépression ? Il n’y a pas d’explication, pas de facteurs, ça peut arriver à tout le monde et surtout ça frappe sans prévenir. Depuis je suis très à l’écoute des jeunes mamans. À l’écoute du moindre signe. Je préviens les futures mamans idéalistes. Car tout n’est pas si simple. Devenir maman ce n’est pas inné, ça s’apprend et surtout, les stéréotypes de la maman parfaite n’existent pas. Soyez à votre écoute. Vous avez le droit de ne pas être bien et d’être totalement imparfaites. Et la dépression post partum touche n’importe qui, n’importe comment, sans raison. Soyez la maman que vous avez envie d’être et celle que votre enfant vous aidera à devenir.

Tituce

PS : Il existe une merveilleuse association http://www.maman-blues.fr/ qui traite de la difficulté maternelle et que je vous recommande vivement !