Il y a aussi la vie

effet miroir

J’avais a peine 14 ans lorsque mon frère est décédé d’un cancer.

Ma vie a basculé à la suite de ce décès. J’ai cru ne jamais m’en remettre, je suis passée par la dépression, le suicide, j’ai failli y rester. Mais peu importe le temps qu’il faut, on fini toujours par se relever !

J’ai failli mourir, et je remercie aujourd’hui les médecins de m’avoir sauvée. La naissance de mon neveu m’a fait prendre conscience qu’il y a la mort, mais il y a aussi la vie, et c’est le plus important. Aujourd’hui, petit Nathan a 10 mois, c’est un merveilleux garçon qui ressemble beaucoup à mon frangin.

Céline

Il est devenu mon jardin secret

bulles-savon

Tout à commencé un soir de janvier 2004. J’attendais son coup de téléphone avec impatience. Il était allé chez le docteur car il toussait trop, depuis trop longtemps. Le verdict ne s’est pas fait attendre… lymphome à 18ans à peine… S’ensuit 1 an de traitements, d’opérations, de douleurs, d’espoir, puis une rechute… du chagrin, des traitements…

Pendant ce temps, je continue mes études d’infirmière, je jongle entre l’hôpital, les cours, mon permis… Pas le temps de réfléchir, pas envie de penser encore moins lorsqu’on évoque le cancer avec mes profs. J’ai tendance à devenir une femme-fontaine !

La déprime s’installe mais il faut tenir bon devant lui, sa famille et la mienne. Je suis un roc pour certains, je suis en miettes en dedans. Du haut de mes tous jeunes 18 ans, je comprends le jargon des médecins, j’assiste à ses soins, je me concentre sur le positif car cette expérience m’aidera dans ma future vie d’infirmière. Je suis une future professionnelle mais lorsque le médecin repart, je ne suis plus que sa petite amie qui tremble de peur de le perdre.

Juin 2005. Il allait mieux ce weekend lorsque je l’ai vu. On est mercredi et je n’ai pas eu de nouvelles. Il doit être fatigué. J’appelle sa mère. Il est dans le coma depuis lundi. Elle n’a pas eu le courage de m’appeler. Je dois venir vite car c’est la fin. Et effectivement…

Les premiers mois ont été très difficiles. J’ai eu le droit à un traitement anxiolytiques /antidépresseurs, des séances chez le psy qui m’a dit qu’elle ne voyait pas ce que je faisais là car j’avais déjà fait mon deuil. Je ne sais pas comment j’ai fait, je dois fonctionner à l’envers car je l’ai fait pendant sa maladie, pendant qu’il était encore vivant. Elle m’a dit qu’au fond de moi, je savais qu’il allait mourir et que je m’y étais préparée. J’allais encore pleurer, j’aurais encore mal au cœur mais ce serait le fait du vide qu’il laisse en moi et qu’il faudra combler un jour…

Le plus difficile, devoir épauler ma famille qui elle, n’avait pas encore fait son deuil.

J’ai dû couper les ponts avec sa famille à lui car je ne supportais pas de voir la douleur dans leurs yeux à chaque fois qu’ils me voyaient. Je n’avais plus vraiment de statut… ça aussi, ça a été insupportable.

Quelques semaines plus tard, ma vie continue, les rencontres se font, LA rencontre…

Je sais, je suis rapide mais la vie est trop courte, je n’ai pas envie de perdre mon temps, lui veut attendre un peu pour moi. C’est dur d’attendre !!

5 mois après, nous sommes amoureux, cachés dans un 1er temps car cela choque ma famille, puis au grand jour.

1 an plus tard, nous sommes fiancés et nous habitons ensemble.

Au jour d’aujourd’hui, je suis maman de 2 beaux enfants et future mariée. Le bonheur quoi !

Cela ne m’empêche pas d’être déprimée certains jours de l’année car ils me rappellent trop de souvenirs, d’avoir sa photo dans mon portefeuille, certaines de ses affaires dans un carton que personne n’a le droit de toucher. Il est devenu mon jardin secret et il suffit que je ferme les yeux pour entendre sa voix, son rire, voir les expressions de son visage. Il sera toujours en moi et mon futur mari ne s’en formalise pas. Heureusement d’ailleurs !!

Amandine

Trouver la chaleur

carbet

2009…. cette année sera à jamais marquée au fer rouge…. une grossesse très difficile de par mes soucis de santé et qui devient horrible à la découverte de malformation sur mon fils, un accouchement prématuré (jour de débriefing du staff médical pour décider d’un avortement thérapeutique), une maman en réa un bébé en neo….. 6 mois d’hospitalisation en alternance pour le loulou, ma belle maman qui déclare son premier cancer, mon papa qui fait un infarctus et pour clore notre ami de 30 ans qui fait un avc ….. voilà 2009, en résumé…. une envie de fuir tout ça nous a pris on voulait du neuf autre chose on voulait non pas tourner la page mais vivre nos rêves…

Car comme on le dit si bien, vivons nos rêves, ne rêvons pas nos vies…. et voilà nous avons décidé de partir vivre à 6000 km, au chaud, en Guadeloupe…. Se concentrer sur ce nouveau projet, « oublier » cette année , lui donner un sens positif… l’année du renouveau ….. Nous vivons là bas depuis février 2010… oui cela a été rapide, mais il le fallait pour ne pas faire machine arrière, ne pas être trop raisonnables.

Et nous y avons construit une nouvelle vie plus saine, plus ensoleillée plus centrée sur nous… notre loulou va beaucoup mieux (même si sa maladie est toujours là) et nous avons même une petite dernière qui est née et qui vient de souffler sa première bougie. Si vous saviez les larmes de bonheur qui ont coulé quand on n’a décelé aucune anomalie lors de cette fameuse écho ou tout avait basculé 4 ans auparavant. Mon papa va bien, notre ami aussi. Ma belle-maman malheureusement est partie, mais elle a eu de superbes vacances au soleil et a même fait connaissance avec sa dernière petite fille….

Quelque fois il nous faut un malheur pour rebondir, il faut l’accepter et en tirer toutes les forces possibles, c’est dur on n’oublie jamais réellement, des angoisses persistent mais il faut continuer d’avancer …..

Charline

Si tu souffres, bouge

Trouble psychiatrique

Quand j’avais 15 ans, mon père a demandé le divorce. Sous le choc, ma mère a développé une pathologie psychiatrique.

Du jour au lendemain, ma mère ne m’a plus reconnue, m’a dit qu’elle n’avait jamais eu d’enfant et qu’elle ne m’avais jamais aimée. Quand on allait au supermarché, les gens se retournaient sur son passage tellement elle avait l’air d’un zombie.
Bref, ma mère était devenue folle.
Le ciel aurait pu me tomber sur la tête que ça m’aurait sans doute fait le même effet.

Si je tiens à témoigner, c’est parce qu’à l’époque je n’ai reçu aucun soutien. Et que, il faut bien le dire, la pathologie psychiatrique, on en parle peu. C’est un peu la honte, ou en tout cas moi c’est comme ça que je l’ai vécu. Et rien que ça, c’est dur à encaisser.
“Elle est où ta mère?” “euh, à l’hosto” “et qu’est-ce qu’elle a?” “euh, ben, elle va pas bien” “oui mais elle a quoi exactement?” -à l’aide, une sortie de secours!

À ça, ajoutez le fait de voir ma mère qui était devenue une plaie béante. Toutes ses souffrances intérieures étaient exacerbées. Elle avait pris 30 kilos en un mois à cause des médicaments. Il était impossible d’avoir une conversation avec elle. Et c’est dur de voir un proche qui est là, devant vous, mais avec qui il est impossible de communiquer rationnellement alors que vous voyez bien que sa souffrance est immense.

Je me suis sentie tellement inutile, triste, frustrée. Sans parler de l’incertitude: combien de temps va-t-elle rester là ? Est-ce qu’elle va guérir ? Est-ce qu’on va pouvoir se refaire un jour de chouettes promenades, se payer de bonnes tranches de rigolades ? Et cette incertitude dure des mois. Qui semblent des années.

Heureusement dans mon cas, ma mère s’en est sortie. Puis a rechuté. Puis s’en est ressortie. Puis a rechuté. Puis s’en est ressortie. J’ose espérer que la dernière était la bonne.
Mais l’angoisse est toujours là.

Pour tenir bon, j’ai 2 trucs:
– je me suis acheté un agenda perpétuel, et pendant des années, j’ai écrit tous les jours les 3 trucs positifs de la journée. N’importe quoi. Des crêpes que m’avait préparées ma grand-mère, les fesses d’un beau gosse vu dans la rue, ma chanson préférée qui passait à la radio. Essayer de voir un petit peu de lumière au milieu de ce tunnel qui semble sans fin. Et d’une année à l’autre, je voyais l’évolution “tiens, le 05 juin 2003 j’ai fait ça, le 5 juin 2005 j’ai fait ça, …” Ça permet de voir qu’en général, le positif est toujours présent, ça oblige le cerveau à changer son fusil d’épaule et à se focaliser sur les beaux moments, les trucs qui donnent envie et espoir.
– j’ai lu un bouquin d’Amélie Nothomb qui a une citation qui me sert toujours: “Si tu meurs, pars. Si tu souffres, bouge. Il n’y a pas d’autre loi que le mouvement”. Je me fiche que cette auteur soit critiquée, moi, quand je sens que je plonge dans mes failles, je lis cette phrase que j’ai sur mon bureau et je m’oblige à bouger. Je vais boire un thé, je sors faire un tour, je passe un coup de fil, je regarde une série, je lis mon blog préféré, … tout ce qui peut aider à faire dérailler mes idées noires et me remettre sur le chemin positif. Je sais qu’il existe des associations pour les proches de personnes souffrant de troubles psychiatriques, à l’époque personne ne m’en avait parlé, mais je pense que ça vaut la peine de chercher, de demander à rencontrer les médecins, les infirmières, etc pour ne pas vivre cela seul.

Anne