J’ai vaincu mon hypocondrie

Guérir hypocondrie

J’ai souffert d’hypocondrie à partir de l’âge de 14 ans.
Je me suis bouffée la vie toute mon adolescence avec des peurs irrépressibles.

Je sais ce que c’est d’avoir peur tout le temps qu’il nous arrive quelque chose, de voir la mort à chaque coin de rue et à chaque bobo. Une petite migraine devient un AVC, un ganglion devient un cancer etc…
Ca m’a pourri la vie pendant 6 ans, chaque jour et chaque nuit, j’ai perdu 10 kg en l’espace de 2 semaines, j’ai détraqué ma thyroïde par le stress… Bref, j’ai vécu des périodes difficiles où personne n’est capable de comprendre votre mal. J’ai consulté un psy pendant 3 mois qui n’a servi à rien. Je ne vivais plus… Et ma famille vivait un enfer à cause de moi, incapable de me faire entendre raison.

Je ne sais pas pourquoi, un jour j’ai eu un déclic.
Un jour, j’ai décidé de m’en sortir, d’arrêter mes chichis et de profiter un peu de ma vie. Ça n’a pas été facile, il y a eu des rechutes, des grosses crises d’angoisses qui revenaient et petit à petit j’ai presque réussi à me contrôler, à espacer les crises.
J’ai rencontré quelqu’un, avec qui je suis mariée aujourd’hui d’ailleurs, et mes angoisses ont disparu avec son aide. Bien sûr je ne suis pas à l’abri d’une rechute, je serai toujours hypocondriaque, je ne pense pas qu’on en guérit totalement mais on apprend à se contrôler.

J’ai ré-appris à vivre, je profite de tout les moments à présent. Je travaille en laboratoire à présent et je me dis en voyant tous ces gens malades qu’il y a bien pire que moi et que j’ai été bien égoïste.
Voilà je voulais juste vous dire que tout le monde peut remonter la pente, même si c’est difficile, même si c’est long et semé d’embûches, vous pouvez y arriver.
Et alors là vous appréciez votre vie comme jamais.

Gwen

J’ai vaincu l’agoraphobie

Vaincre agoraphobie

Celui qui devait être le plus beau jour de ma vie, la naissance de mon premier enfant a en fait été le pire.
Une complication très grave de la grossesse, survenue bien avant le terme prévue de celle ci, m’a fait côtoyer la mort de près, de très près, j’ai senti son souffle doux, j’ai entendu ses promesses, j’ai vu la belle lumière, j’ai mis un pied dedans et puis je suis revenue. Pour mon mari et pour mon enfant, lui aussi entre la vie et la mort, je suis revenue. Mon fils et moi allions de mieux en mieux chaque jour, du moins c’est ce que les médecins nous disaient, alors j’ai fait semblant de les croire…

Puis une nuit, la peur, cette peur qui paralyse, qui donne le tournis, cette peur qui oppresse… Elle s’est installée, est revenue toutes les nuits, puis les jours aussi, jusqu’à faire définitivement partie de moi. Je suis devenue agoraphobe, mais pas que, plein de trucs en -phobe qui m’empêchaient de sortir, de rouler en voiture, d’aller au cinéma, de rester seule à la maison, de laisser mon fils, de dormir, de vivre. Je suis devenue un légume, incapable de penser et d’agir, cette peur contrôlait tout.
Peur de quoi ? De mourir. De laisser mon enfant. Qu’il meure lui aussi. Je devais nous protéger de tout ça. Choc post traumatique ça s’appelle. Ça a duré 4 ans. Avec des hauts et des bas, quelques hauts et beaucoup de bas, des petits hauts et des grands bas.

Lorsque je suis tombée enceinte de mon 2ème enfant ça a été le déclencheur, je ne pouvais plus rester là à ne rien faire à me laisser ronger. Impossible. J’ai pris la décision d’aller voir un psy. J’avais 26 ans et une vie à vivre, 1 enfant et bientôt 2 à aimer, un couple à garder à flot, des rêves à réaliser, je ne pouvais pas laisser la peur faire en sorte que tout ça me passe sous le nez. J’ai eu la chance de tomber sur une psy formidable, je crois que c’est une de ces rencontres qui te changent la vie a jamais, une de ces personnes mises sur ta route par le destin en signe de cadeau. Ma seule requête c’est que je ne voulais pas de médicament. Elle m’a dit ok. Mais ne m’a pas caché que le chemin risquait d’être long, très long.

4 ans et demi plus tard, à l’heure où je vous écris je confirme que oui, le chemin est long, dur et parfois fastidieux.
Mais un jour sur une île paradisiaque j’ai du marcher 2h sur une route toute cabossée et pourrie pour pouvoir atteindre une plage, une des plus belles au monde, On ne peut pas l’atteindre autrement, c’est ce qui te fait d’autant plus apprécier le spectacle et la vue, Pour le coup, tu savoures chaque détail, chaque reflet du soleil sur l’eau, chaque fleur, tout. TOUT.
Je n’ai pas terminé ma thérapie, mais elle ne me fait plus peur.
Je suis devenue une autre ou plutôt je me suis retrouvée. Attention, j’ai toujours des peurs bien présentes mais elles sont devenues des défis, que j’aime surmonter, parfois j’échoue, alors je recommence encore et encore.

J’ai repris goût à la vie, et même si la mort continue à me hanter, elle ne gagne plus la bataille.
Je suis plus forte.
J’ai gardé mon couple à flot, je vais au cinéma, je roule en voiture sur des petits trajets, mes fils me remplissent le cœur et même.. Je réalise des rêves. Plein. Plus que je n’aurais jamais rêvé en réaliser d’ailleurs.
J’ai réussi.
Tout le monde le peut.

S.