Je me sens belle, je me sens bien

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Aujourd’hui on est le 1er avril 2014, et ça a été une date importante pour moi. A l’époque.

J’ai 23 ans, j’ai toujours eu une vie idéale avec mon premier amour, ma moitié depuis 4 ans et demi. Une jolie voiture, un bel appartement, une relation complice et fusionnelle, son Amour, un bon taff, des projets de famille … Je n’ai jamais manqué de rien.

Et puis le Destin s’en est mêlé. Je comprends pas pourquoi. J’avais déjà réussi à pardonner, il y a deux ans, son corps contre celui de cette fille … Je pensais avoir eu ma dose de souffrance en Amour.

Je sature. Je ne supporte plus toute cette pression. Cette différence de culture. Et cette fille que sa famille aimerait que je sois. Pourquoi veulent-ils que je change alors qu’il m’a aimée 4 ans et demi telle que je suis. Pourquoi je devrais oublier mes convictions, trahir mes croyances par Amour ? Pourquoi il ne m’assume pas ?

Et là, la fin. Il n’a pas essayé de me rattraper, ni même de me faire changer d’avis. S’en est suivie ma longue liste de souffrance. Une nouvelle copine après quelques jours de son côté …  Des présentations officielles, c’est normal, elle est religieusement plus compatible que moi. Des espoirs. Des souffrances. Je ne sors plus, je mange plus, je souris plus, je réponds dans la seconde au moindre des ses messages. Il est tout le temps dans mes pensées, jour et nuit.

Je maigris a vue d’œil. J’ai toujours eu ces put*** d’angoisses. C’est peut être à cause d’elles qu’il est parti ? J’étais à deux doigts de la dépression. Maintenant je suis définitivement au fond du trou. Mon seul moment de bonheur c’est une lueur d’Espoir d’un nouveau Nous. C’est ce qui m’a sauvée. Ma famille s’inquiète pour ma santé. Pour ces os visibles sur mon corps. Pour ce visage creusé, ces cernes qui n’en finissent plus. Pour ce teint terne et ces faux sourires. Je suis vide. Je suis un sac d’os qui se traine chaque jours pour aller au travail et qui hiberne chaque weekend en pensant à Lui, à Nous. A nos moments de bonheurs passés. Et à ce que j’ai fait pour le faire partir.

Je suis à 38 kilos. J’ai peur pour ma vie et pour ma santé. Je suis faible physiquement mais tellement forte mentalement. J’ai perdu ma fierté pour lui. Je suis une merde. Mais je m’en fous, je l’aime. Je n’arrive plus à encaisser. Je fais du surplace, j’ai besoin d’aide médicale, je sais que seule je n’y arriverai pas. Et puis je retrouve la vie petit à petit. J’ai des copines qui me soutiennent, ces mêmes filles que j’ai délaissées 4 ans plus tôt pour donner priorité à mon amour. Pourquoi elles veulent m’aider ? Je les avais abandonnées pourtant. J’oublie ma souffrance pendant une heure, puis deux heures, puis je n’y pense plus le temps d’une soirée. Et puis je fais des rencontres. J’arrive encore à plaire. Et puis petit à petit je reprends un peu de poids. Je reprends plaisir à plaire, à masquer ma souffrance sous un joli maquillage.

Lui reste dans un coin de ma tête et moi je reviens à la vie. Je deviens presque heureuse. Il voit bien que j’ai changé. La joie de vivre me va si bien. J’ai bien rechuté plus d’une fois. Je suis forte. J’ai mes piliers avec moi, mes anges gardien et Dieu. Je crois que j’aime la vie. J’envisage même un futur sans lui. Je deviens incroyable. Je fais des choses que je n’aurais jamais pensé faire, je me surpasse. J’ai cassé la gueule à mes angoisses et j’ai repris le contrôle de mon corps et mon esprit. J’ai eu plusieurs relations depuis.

J’ai envie de me surpasser. Je reprends encore 8 kilos. Je suis à 50 kilos. J’ai repris le sport. Je n’ai jamais été aussi bien dans mon corps depuis ces 5 dernières années. Je me sens belle, bien, je suis souriante. J’ai envie de donner mon amour, donner mon cœur. J’ai plus envie de passer à côté de ma vie. Je suis heureuse, je suis revenue à la vie. J’aime mon nouveau moi. Je suis de nouveau prête à offrir mon cœur.

Si on m’avait prédit celle que je suis devenue je n’y aurais pas cru. C’est plus qu’un message d’Espoir. La vie continue, la vie est belle et a tellement de choses à nous offrir. Le Destin vous réserve parfois des choses malheureuses, mais combien de bonheurs on laisse passer ? Souffrir pour mieux apprécier la vie.

« On a deux vies : la deuxième commence le jour où on réalise qu’on en a juste une. »

Je ne remercierai jamais assez mes anges gardien : Ma Jum’, Mon Chou, Ma Ju’, Mon père, Mon frère, Mes cousines, Ma petite cousine, un rayon de soleil, mon Espoir. Ma religion.

Amor Fati.

Marjorie

Il est mon petit trèfle

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C’était il y a plus d’un an, toute jeune maman d’un adorable garçon, et fraîchement séparée du père pour de sales histoires. On me reconnait un courage et une volonté de fer.

Bien que « trop jeune » pour être mère selon certains, j’ai su leur prouver que j’ai hautement réussi mes projets.
Mais malgré mon envie d’aller de l’avant, le père de mon fils, devenu fou à l’idée que j’ai pu le quitter, à décidé de me faire vivre un enfer. Harcèlement au travail, errant devant chez moi, sonnant et frappant durant des heures sans faillir, juste pour être un moment en ma compagnie et voulant à tout prix me faire changer d’avis « pour l’amour de notre fils ».

Mais un après-midi, tout à changé, tout en lui s’est dévoilé. Son envie de moi, mon moi-même et mon corps ont été plus fort que lui. D’un coup de poing, devant notre enfant il a voulu se servir de moi, pour être l’espace d’un instant encore sienne. De longues minutes, où sous la menace d’un couteau sous ma gorge, j’ai dû me laisser faire. Malgré plusieurs tentatives pour lui échapper, ses mains, serrant mon cou, presqu’au point de m’en faire perdre connaissance.

Les minutes les plus dégradantes de ma vie. J’étais souillée, sale. Puis, encore sous le choc, il part, avec mon petit garçon en me disant que c’était son tour de garde et que si je tentais quoi que ce soit je ne le reverrais plus jamais. Ma meilleure amie plus qu’inquiéte d’être sans nouvelles de moi, arriva à mon domicile quelques minutes après qu’il soit parti. Puis tout s’est enchaîné. Gendarmes, hôpital, avocat, confrontation.

Aujourd’hui, j’ai du travail, mon permis, ma voiture, et bien entendu mon Amour de petit garçon. C’est grâce à lui que j’ai remonté la pente. Mes proches s’étonnent de mon self-control, car depuis cette fameuse après-midi, je n’ai laissé échapper aucune larmes, aucun sentiments. Comme si rien ne s’était passé. Un self-control hors norme apparement. Mais encore une fois, si je n’avais pas eu mon fils, mes idées noires intimes auraient prises le dessus. Et je ne serais certainement pas là aujourd’hui. Il est mon « ange-gardien », mon petit trèfle. Grâce à lui, mes amis et ma famille, je suis épanouie.

Mais, la bataille est encore loin d’être terminée, et je sais qu’il y aura toujours une justice, même si celle-ci n’a toujours pas été rendue.

Justine

Le bonheur se rapproche à petits pas

Surmonter une séparation

Une flèche dans mon coeur. Il saisit son arc et décoche une première flèche.
– « C’est fini. »
Les battements de mon coeur s’accélèrent. La deuxième flèche les réduit au silence.
– « Tu prends tes affaires et tu déménages aujourd’hui. »
Transpercé, mon coeur s’arrête de battre quelques instants, juste le temps qu’il lui faut pour comprendre. Pourtant, persuadée que ses mots ne seront pas réels tant que les miens ne leur auront pas fait écho, je reste silencieuse quelques secondes. Je tente de chercher une émotion sur son visage, trouver une explication au fond de ses yeux.
Depuis quelques semaines, je voyais bien qu’il était distant, presque absent. Que la tendresse avait déjà presque fait place à l’indifférence. Alors que c’était carrément son amour qui s’était réduit en poussière.

C’était mon grand amour. J’avais 17 ans quand je l’ai rencontré. J’étais persuadée qu’il serait le père de mes enfants.
J’ai passé sept ans avec lui, dont cinq de vie commune. Je me rends bien compte que tout cela semble aujourd’hui presque banal, que j’aurais pu vivre un malheur bien plus grand que celui de perdre l’homme de ma vie. Mais à l’époque c’est le ciel qui me tombait sur la tête.
Toute ma vie qui s’effondrait.
En quelques mots et en quelques heures.
Il voulait que je déménage mes affaires dans la journée. J’ai appelé mes parents et ils m’ont aidée pour que Môssieur ne retrouve plus aucune trace de ma présence quand il reviendrait en fin d’après-midi.

Mon coeur était comme une boule de papier qu’il avait pris le soin de froisser avant de la déchirer.

Heureusement, dans mon malheur, j’ai eu la chance que tout cela arrive au début du mois de juillet. Je devais partir terminer mes études à 300 km de là deux mois plus tard.
Ce déménagement m’a permis de m’évader d’une ville où j’avais beaucoup trop de souvenirs avec lui. Un nouveau paysage, de nouveaux visages, voilà exactement tout ce qu’il me fallait.

Ma reconstruction s’est fait en plusieurs phases.
D’abord une totale répulsion face aux hommes (« tous des salauds! ») pendant six mois.
Puis une phase de redécouverte, que j’appelle ma période de papillonnage. Je découvre que l’on peut passer de bons moments avec les hommes sans pour autant s’attacher. Je butine, je picore, je refuse tout engagement, je fuis ceux qui pourraient s’attacher à moi. En surface, je m’amuse et je suis heureuse, mais tout au fond, je ne suis pas si enthousiaste. Mais les sorties avec les amies et les rencontres, même rapides, me permettent de me connecter à une nouvelle réalité. Je découvre qu’il est possible de vivre sans lui.
Le bonheur est encore loin, mais je ne pleure plus en pensant à la perte de celui que je croyais être le seul homme qui saurait m’aimer.

Et un jour je reçois un email d’un homme via un site de rencontre. Il dit qu’on se connait, qu’on était au lycée ensemble.
Il se décrit et me donne ses initiales.
J’ai un flash. Mon coeur bat la chamade.
Il ne s’agit pourtant que d’un vieux copain qui ne m’a jamais vraiment attiré, mais je ressens tout à coup un étrange pressentiment.

Nous passons toutes nos soirées à tchater, je ne me suis jamais sentie aussi bien de toute ma vie.
En totale confiance, en osmose, enveloppée dans une vague de bien-être inexplicable.
J’ai l’impression de revenir à la vie, comme si tout ce que j’avais vécu auparavant n’était pas tout à fait réel. Comme quand on se réveille un matin après avoir passé une nuit à faire un cauchemar terrible, puis de petits rêves étranges, pas désagréables, mais pas non plus très apaisants.

Trois semaines plus tard, on se donne finalement rendez-vous. On parle comme deux vieux amis pendant des heures, et, comme dans un bon vieux cliché, on s’embrasse à la fin de la soirée.
Chacun a déjà vécu une partie de sa vie, plus ou moins bien. C’est ainsi que tout naturellement, nous décidons de la continuer ensemble.
Pile deux ans après la séparation que je pensais être fatale.

Huit ans plus tard, nous avons trois enfants ensemble. J’ai 34 ans. Et avec du recul, je me dis que ce que je croyais être une montagne infranchissable n’était en réalité qu’une petite colline que j’ai réussi à enjamber.
Et si j’y suis arrivée, moi, l’émotive, l’hyper-sensible, alors tout le monde peut y arriver.
Facile à dire me direz-vous. Certainement.
Pour y arriver, il faut essayer de dresser une liste de tous les points positifs de notre vie en occultant des choses qui ne vont pas. Une sorte de « pour et contre », mais en ne gardant que les pour ! C’est ainsi que l’on apprend à voir son verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide.

Et pendant ce temps, le bonheur se rapproche à petits pas vers nous, (bien trop lentement, je suis d’accord) pour nous surprendre au moment où l’on s’y attend le moins.

Célina

Le bonheur n’est pas une punition

Surmonter une séparation

En Juin, j’ai découvert que mon conjoint avec qui je suis restée 10 ans passé me trompait, le sol c’est dérobé sous mes pieds.
J’étais complètement perdue.
Comment mon meilleur ami, mon amour, mon amant avait pu me faire ça !!

Au début j’ai fait l’autruche : une période de déni de 2 mois je pense que cela était nécessaire, mon esprit s’est protégé comme il pouvait !!
La période qui s’en suit fût remplie de pleurs, de doute, de remise en question.
Quand je fais le bilan de mon ancien couple : j’ai certes passé de très bon moment et je respecte notre histoire. Mais les deux dernières années n’ont pas été si heureuses que cela, je me suis enfermé dans un rôle de copine plante verte, celle a qui on ne prête plus attention, celle qui fait parti des meubles. Je me suis éteinte pour lui laisser toute la place. Je me suis perdue dans notre histoire. Je n’étais plus heureuse et je me cachais derrière ce sentiment de sécurité et de cette peur d’être seule.

Au début cela me semblait insurmontable, des que je me réveillais je pensais à lui, tout me ramenait à nous, en même temps quand on a passé 1/3 de sa vie avec quelques un c’est normal …

Et puis de jours en jours, je me suis surprise à ne plus penser à lui, à parler d’autre chose avec mes amis.
J’ai effectué des changements dans ma vie. Certains changements ne sont pas de mon fait mais il étaient obligatoires comme le déménagement dans la ville d’à coté une grande ville par-dessus tout, moi qui détestait les grandes villes, c’était toujours trop bruyant, trop de monde, trop de tout. Aujourd’hui je suis une vrai citadine et je ne veux pas quitter ce milieu là, j’ai trouvé ma place ici.

D’autres changements se sont opérés doucement, j’ai commencé par perdre du poids d’abord avec le choc émotionnel puis j’ai décidé de ne pas reprendre celui-ci, pour cela j’ai repris le sport, au départ pour faire attention et me vider la tête, maintenant je le fais par plaisir.

J’ai décidé de prendre une nouvelle orientation professionnelle pour un métier qui me plait.

Tous ces événements ont fait que petit à petit j’ai repris confiance en moi, aujourd’hui je suis heureuse.
Alors oui tout n’est pas tout rose, je suis tombée de haut et j’ai su me relever mais je trébuche encore par moment. Je ne suis pas encore prête pour être en couple, c’est un choix, j’ai décidé de me retrouver, je profite de moi, je deviens bienveillante envers moi même !!
J’ai été tiré vers le haut par mes amis, et je ne les remercierais jamais assez d’avoir essuyé mes larmes, de m’avoir réconfortée, de m’avoir fait rire et d’avoir cru en moi. Cet événement a été pour moi un bon coup de pied aux fesses.
J’ai été bousculée par la vie. Il a été nécessaire pour que je prenne conscience que : le bonheur n’est pas une punition, moi aussi j’y aie le droit comme tout le monde.

Missi

Pour ma crapouille

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Tout a commencé lorsque j’avais 18 ans. Je suis tombée enceinte. Rien de bien méchant en soi. Le père ne m’a pas abandonnée, j’étais sûre de mon choix. A ce moment-là, le plus dur, c’était la famille.

La non-acceptation de cette grossesse par mes parents, les siens. Ca a commencé par ça. Lui étant du genre à se foutre de tout, moi en overdose d’hormones, j’ai tout pris en pleine poire. Et puis de petites choses ont gravité autour de ça. Au début nous ne vivions pas ensemble, et je ne le connaissais finalement pas tant que ça.

Le souci de ne pas avoir le même genre de caractère, et lui qui n’assumait finalement pas si bien que ça son rôle. Au hasard, comme la fois où il est parti à un festival une semaine et demi après la naissance de notre fille. Ou celles, nombreuses, où il me répétait qu’il partirait vivre dans une autre ville avec ou sans moi.

Ou celles où il m’a trompée. A la naissance de notre fille, j’ai été touchée par le baby blues, comme beaucoup de maman. Ca n’a été que le début d’une dépression qui a duré plusieurs mois.
Au début, je ne cherchais pas d’aide auprès de mes proches. Ils n’avaient pas été présents au début de ma grossesse, je ne voulais pas leur montrer que j’étais faible (je me suis quand même tournée vers eux quelques très rares fois) J’ai fini par aller voir mon médecin qui m’a prescrit des antidépresseurs légers.  Suffisants pour que je remarque d’où venait le problème. De lui, tout bêtement. J’ai fini par le mettre à la porte. Aussi dur que cela pouvait être.

Elever seule ma fille a été au début très dur. Elle faisait ses nuits, mais être h24 avec elle, ce n’était pas toujours facile. Mais j’ai surmonté ma dépression. Grâce à plein de petites choses, finalement. Ma famille, qui avait depuis bien longtemps accepté la situation, même si je ne voulais pas m’en rendre compte. Mes amis, toujours prêts à m’héberger quand ma puce était chez son père, à me détourner de la solitude. Les professionnelles de la Halte-garderie où je laissais ma crapouille deux demi-journées par semaine, pour souffler un peu.

Lui, qui est arrivé dans ma vie plusieurs mois après la bataille, qui m’a fait croire à nouveau en l’Amour (oui, oui, avec un grand A). Et plus que tout, Elle. Ma puce, ma crapouille, ma chérie, la seule qui ait donné un véritable sens à ma vie. J’ai grandi pour et avec elle. J’ai surmonté les obstacles, j’ai fait tout mon possible pour elle. Pour son sourire. Pour qu’elle ne me voit plus au fond du trou comme j’avais pu l’être. Pour qu’elle soit fière de sa maman. Aujourd’hui, elle a 4 ans. 4 ans qui se sont passés avec des hauts et des bas, mais 4 ans de bonheurs assurés.

Elle est ma fierté, ma raison de me lever le matin, la raison qui me donne envier d’avancer, de poursuivre ma route coute que coute. Plus que tout le reste, j’ai envie de lui dire merci.
Sache que je serais toujours là pour toi, et que ton sourire me nourrit d’une force que je n’aurais jamais pensé posséder avant.

Merci.

Aurélie

Tu vois, je m’en suis sortie !

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Le 15 janvier 2014, j’ai signé la promesse de vente de mon futur appartement, mon futur « chez moi » où la déco va être à mon goût (parce que le studio que je loue actuellement est meublé, et qu’aucun meuble n’est assorti à un autre), où je vais pouvoir m’investir dans la copropriété, où je vais pouvoir cuisiner, recevoir mes amis… bref où je vais être bien.

Je n’imaginais pas cela, il y a 3 ans.

En décembre 2009, je fêtais mes 31 ans, j’étais mariée, nous étions propriétaires d’un bel appartement en rez-de jardin, nos voisins étaient sympas…
Et là tout s’est enchaîné crescendo…

22 décembre 2009 : Gros accident de voiture (Smart contre Sanglier), pas de blessé mis à part le sanglier, mais voiture classée épave et mon mari, fataliste, a pris ça comme le signe que notre couple était en danger.

Le lendemain : Décès soudain de mon grand-père paternel.
Ca fait beaucoup pour le même Noël.

11 avril 2010 : Décès de mon père, même si quelque part on savait que cela devait arriver (cardiopathie sévère), c’est arrivé trop vite, sans que j’ai pu lui dire au revoir, et j’aurais tellement voulu lui demander conseil sur mes problèmes de couple qui commençaient…
Mon mari, qui était très attaché à mon père, trouve alors des échappatoires (moto, réseaux sociaux, sorties, …).

Moi, je me suis oubliée (boulot métro dodo) et peu à peu perdue…

Fin aout 2010, mon mari m’annonce que sa décision est prise : il souhaite divorcer et refuse toute possibilité de thérapie conjugale. Je m’aperçois très vite qu’il a une autre femme dans sa vie.

A l’époque ma vie professionnelle n’est pas au top non plus.

Ma famille n’est pas d’un réel soutien (en plus du deuil que nous traversions tous, ma mère refusait ma séparation) et mes amis, pour la plupart en couple avec enfants, sont là mais peu disponibles…

Mise en vente de l’appartement, cohabitation difficile, pleurs, SOLITUDE …
Ma vie s’écroule.

Je ne m’en sortirai pas toute seule !
Rendez-vous pris avec un psychiatre psychothérapeute conseillé par une amie.

Je me souviendrais toute ma vie de cette première consultation : il m’a donné le « coup de pied aux fesses » nécessaire pour remonter la pente et surmonter les épreuves.
Dès lors, j’ai (sur)vécu au jour le jour, avec ce soutien continu : pas de traitement médicamenteux mais la possibilité de l’appeler ou de lui envoyer un mail à tout moment.
Au début les consultations étaient tous les 3-4 jours puis une fois/semaine. A chaque moment dur, je me disais, « ça, tu lui en parleras au prochain RDV » et je repartais de l’avant. Les consultations ont rythmé ma vie comme chaque prise sur un mur d’escalade.

Sur ses conseils, je me suis forcée à sortir, et je me suis même inscrite sur des sites de rencontres.

On a bien vendu l’appartement, j’ai loué un studio proche d’un métro (plus pratique pour rentrer tard le soir), le divorce a été prononcé en avril 2011 et peu à peu, semaines après semaines, j’ai gravi ce mur.

Ce psy m’a aidé à trouver les réponses, à accepter le décès de mon père et à comprendre ma part de responsabilité dans ma séparation. Cela n’a pas été facile tous les jours mais avec le recul cela fait un bien fou.

En juillet 2011, j’ai pu changer d’équipe au boulot : plus de responsabilités, projet passionnant, un fort soutien pour la poursuite de mes études au CNAM, des collègues sympas, accueillants et compétents.

Peu à peu les sorties n’étaient plus forcées. J’ai rencontré des nouvelles personnes, des nouveaux amis, un homme… et même si la relation n’a duré qu’un an, grâce à lui j’ai repris confiance en moi : je me suis retrouvée, j’ai repris le sport, perdu du poids, j’ai repris plaisir à m’occuper de moi, me suis offert de nouveaux vêtements, et une nouvelle coupe de cheveux, je me suis trouvée à nouveau séduisante.

Mon père, qui était pasteur, expliquait souvent la vie éternelle comme ceci : « Durant notre vie sur Terre nous sommes des larves de libellule dans une mare, lors de notre mort, nous devenons des libellules : nous vivons au dessus de la mare, nous voyons les larves mais sans pouvoir communiquer ».
A chaque fois que je vois une libellule je pense particulièrement à lui et aux gens qui ont quitté ce monde. Cela m’arrive de m’adresser à cette libellule en lui disant : « tu vois, je m’en suis sortie ! »

Nous sommes début 2014. Au programme : l’obtention d’un diplôme d’ingénieur du CNAM, l’achat d’un appartement et qui sait, peut-être la bonne rencontre 😉

La vie est belle, non ?

 Marine

J’ai arrêté de compter ma vie en « depuis »

Surmonter un divorce

17 ans : une rencontre.
22 ans : un bébé.
24 ans : un mariage.
Dix jours plus tard, une phrase prononcée qui résonne comme le choc d’un TGV s’écrasant contre ma vie : Je ne t’aime plus.
Ma vie se suspend, mon cœur s’arrête de battre pour lui, il ne me sert qu’à vivre ou plutôt à survivre. Puis la séparation.
25 ans : un divorce.

Les six premiers mois je n’avance qu’en pensant à mon petit garçon d’à peine deux ans, à son bien être, je mets un pied devant l’autre pour éviter de sombrer complètement. Mais mes nuits ont disparues, je ne dors plus, et quand je dors il hante mes cauchemars. Il hante aussi mes journées la moindre situation me renvoi ma condition à la figure. Et puis j’ai honte, alors je me terre.

Mais je peux compter sur deux amies formidables : la première est là, toujours là pour moi, elle m’écoute, m’invite à manger, me laisse pleurer sur son canapé, elle me porte à bouts de bras, et me soutient. Elle n’oublie rien, pas même les dates qui me font mal, les situations qui me font mettre un genou à terre, elle est là, toujours.
La seconde est là, un week-end sur deux, quand mon fils est chez son père. Elle me bouscule, m’empêche de rester chez moi, me force à voir du monde, à sortir, à affronter les regards, elle prévient les autres « attention pas de questions, elle est là pour oublier, pour s’amuser alors pas de questions ».
Elles sont là toutes les deux, et elles me répètent comme un mantra « tu verras un jour ça ira ».

Alors j’avance, avec cette idée fixe qu’un jour je ne me réveillerais plus avec cette douleur, qu’un jour tout ça fera simplement partie de ma vie et ne sera plus cette plaie béante qui me fait hurler en silence.
Cette séparation fut un véritable choc pour moi, mais aussi pour ma famille. Mais eux aussi sont là pour moi, ils sont à toutes épreuves.
Les mois passent, je fais beaucoup de tri dans ma vie, j’enlève les nuisibles qui au détour d’une conversation te donnent des nouvelles d’un ex qui te mettent à terre pendant des semaines. Je coupe court aux allusions et aux regards, je ne me résume pas à ça. Je plonge et je refais surface souvent, parfois je n’y arrive pas, alors elles sont là.
Les années passent, la plaie est devenue une cicatrice, parfois douloureuse, parfois insensible, mon petit garçon grandit. Il est temps. Il est temps de passer à autre chose ma belle, il est temps de mettre un autre chapitre dans ton histoire.

28 ans : un nouveau départ.
Alors je commence par changer de travail, une autre ville, d’autres visages, un autre trajet pour aller au boulot. Ces petits riens qui donnent l’impression de ne plus être prisonnière d’un schéma, d’une routine dont toutes les étapes me ramènent à des souvenirs. Car enfin plus rien ne vit dans ma mémoire, ce ne sont plus que des souvenirs dont les images se floutent et où les sensations disparaissent petit à petit. Puis je déménage, je quitte notre maison, pour aller dans ma maison et celle de mon fils, je quitte complètement cette ville que je ne supporte plus, ces murs qui ne sont plus chez nous. Nouveaux meubles pour une nouvelle vie, ça à l’air simple mais ça fait un bien fou. Puis pendant tout ce temps, mon petit garçon grandit, il me pousse à réussir notre vie, je me bats constamment pour lui. Il est mon moteur, lui qui devient le beau fils de quelqu’un puis le grand frère d’un bébé que je ne connaîtrais jamais. Mon cœur se serre, mais il se serre pour mon fils, je suis fière de lui, il ne se serre pas de douleurs ni de peine. Je suis enfin libérée.

29 ans : une renaissance.
5 ans, c’est long, c’est très long. Mais c’est le temps nécessaire qu’il m’a fallu et je ne regrette rien. Je me connais par cœur maintenant et j’ai réussi à faire sauter la carapace de protection qui enveloppait mon cœur et ma tête. Je suis enfin prête à vivre une autre histoire, à être amoureuse, à réaliser les millions de projets que j’avais enterrés, à vivre une vie entière et sereine.
Je n’ai plus peur, je n’ai plus mal. J’ai arrêté de compter ma vie « depuis », je la compte en avant.

Aurélie