Le bonheur à portée de main

Après un avortement

Il y a 4 ans de cela, j’ai rencontré mon mari.
Fou amoureux, j’étais très jeune (20ans), encore lycéenne et mon mari, de retour chez sa mère, au chômage, qui avait 31 ans à l’époque. Une si belle histoire et pourtant elle était souvent déchirée par les « on dit ».

Je suis tombé enceinte, un vrai bonheur… Sauf pour nos proches qui ont tout fait pour tout briser, j’étais au bord du gouffre.
J’ai dû avorter, vraiment à contre cœur, cela en est venu à notre rupture de couple.

Deux mois ce sont écoulés et on a décidé de vivre pour nous, car on s’aimait, vraiment.
J’ai trouvée un emploi mon mari aussi, nous avons eu notre première maison. Mais toujours ce vide au fond de moi. J’avais l’impression que j’avais laisser partir une partie de moi avec ce bébé.

Après une dispute j’ai voulu mettre fin à mes jours, je m’en suis sortie, grâce à mon mari. Et je l’en remercie chaque jour car nous avons un beau bébé de 2 ans qui nous comble de bonheur chaque jour. Et bébé 2 est en route.

L’amour est possible et même si on pense faire des erreurs je pense que ce qui nous tue pas nous rend bien plus fort. Cela fait parties de nos vies, de notre histoire. Le bonheur est parfois à porter de bras mais on ne le voit pas toujours. Ouvrez bien les yeux messieurs dames.

Charlotte

Vivre

Surmonter un avortement

Je tremble un peu en écrivant parce que je n’en parle pas , je n’en ai jamais parlé à vrai dire. Il n’y a que mon mari et l’Amie qui savent. Vous savez l’amie avec un grand A qui à une oreille et un cœur qui peut tout entendre et à qui on peut tout dire .

Alors voilà …

Je n’étais pas une midinette de 15 ans insouciante, je n’étais pas étrangère aux moyens de contraception, je n’étais pas à mes premiers émois qui font tout oublier. J’étais une jeune femme de 27 ans, j’étais une maman de 3 enfants, 2 en bas âge et un nourrisson de 3 mois. Je savais donc, oui je savais qu’ une fois suffit pour tomber enceinte et qu’il faut être vigilant surtout après une grossesse et pourtant, et malgré, et quand même c’est arrivé …. 2 petits bouts , un bébé , une grande panique, un papa et une maman qui ne savent pas comment faire, qui voudraient bien mais qui ne peuvent pas, et qui prennent la décision, qui font LE choix  qui leur semble juste. Le choix qui bouleverse une vie et qui envoie balader toutes les certitudes, convictions et autres  » Ca , moi ? Jamais ! ». Mais c’est aussi celui qui m’a fait devenir la femme que je suis aujourd’hui , plus indulgente , plus douce et plus forte ( aussi j’espère ) .

De toute ma vie, je n’aurais jamais cru devoir être confrontée à ça. Il y a la honte, la culpabilité, la souffrance, la sensation d’être faible et mauvaise . Et surtout, surtout, comment est-ce que je pouvais encore être une bonne maman après avoir fait ça?
Pendant un temps je n’ai pas su .
Je me suis fermée au monde pendant plusieurs mois, j’étais insensible et anesthésiée à tout ce qui se passait autour de moi.

Et un jour j’ai regardé mes filles.
Je veux dire j’ai vraiment regardé mes filles.
Et je n’ai pas aimé ce que j’ai vu. Une ainée  un peu trop grande, un bébé pas trop souriant et une petite deuxième en pleine régression. Elles étaient mon reflet, elles ont vu, senti, vécu et absorbé toute ce mal être et cette souffrance.
Je m’empêchais de les Aimer, je vivais avec à l’esprit ce qui aurait pu être, alors qu’elles étaient là et qu’elles m’attendaient.
Je ne vais pas dire qu’il y a eu un changement radical, mais je ne voulais plus de ça pour elles .
Je me suis forcée au début à refaire toutes ces choses que je ne faisais plus avec elles ; sourire, faire des vrais câlins avec des petits bisous dans le cou qui chatouillent, jouer, retourner au parc, les regarder. Fermer les yeux et les écouter jouer, rire, se chamailler. Vivre.
Et puis je n’ai plus eu besoin de me forcer.
Et j’ai recommencé à les sentir quand je les prenais dans mes bras, je n’étais plus anesthésiée. Mes filles que je me suis empêchée de regarder et d’aimer pendant plusieurs mois parce que j’avais honte, parce que je culpabilisais, parce je n’étais pas une bonne mère, ont été ma planche de salut. Elles m’ont empli le cœur, le corps, la tête d’amour et de chaleur que je ne m’autorisais plus à recevoir.
Elles m’aimaient encore. Elles m’aimaient quand même. Alors peut-être, je pouvais m’aimer à nouveau aussi. Peut-être, j’étais toujours la même maman.
On a recommencé à se parler , à se regarder dans les yeux.
Et quand je les regardais je n’avais plus (enfin !) ce voile gris devant les yeux. Je les trouvais belles et drôles et souriantes et chaudes et douces. J’avais de nouveau envie de les serrer à les étouffer.
Je me suis accrochée à toute cette lumière et cette joie et cette douceur qu’elles me donnaient et que je m’autorisais de nouveau à recevoir.
C’est difficile d’exprimer cette chaleur que tu ressens  quand tu t’ouvres à nouveau au monde mais ça fait tellement de bien. Et c’est tellement bon!

En redevenant leur maman, j’ai compris que je n’avais jamais perdu le droit de l’être. J’ai compris et accepté que Le choix ne me l’avait pas enlevé non plus.
J’ai arrêté de penser à ce qui aurait pu être et je me suis gavée de ce qui était.
Mes filles m’ont permis de faire ce que toutes les femme qui font ce choix devraient réussir à faire, se pardonner.
Se pardonner pour être une maman. Pour être une femme. Pour s’aimer et aimer. Pour être Heureuse.
Mes anges, mes amours, mes déesses, je leur ai donné la vie et elles m’ont rendue la mienne.

Aujourd’hui ça fait 6 ans (presque jour pour jour) que j’ai fait Le choix qui a bouleversé ma vie mais qui m’a aussi permis de devenir cette femme plus indulgente, plus douce, plus forte aussi parfois j’espère.
Et si je témoigne ici, c’est parce que lorsque j’ai vu que ce site ouvrait « ses portes » , je me suis dit , la vie a été douce pour moi, je n’aurais pas de chemin douloureux à narrer. Et en lisant un témoignage ça m’a un peu sauté au cœur; « Et si ma vieille y a bien un truc quand même, là, au fond ».
Alors bon si la première impression est de penser qu’il n’y a pas d’évènement douloureux, c’est que le chemin pour en sortir est réussi , non ?

Sandrine