J’ai réussi à avancer

Dépression post partum

C’était il y a 6 ans.
Une grossesse difficile vraiment bien gérée – Un tit bébé né en super forme – Une immense joie après ce combat – Enfin maman, bien qu’inespéré pendant longtemps – Un amour si intense pour ce si petit être.
Une césarienne mal vécue – Un échec d’allaitement mal vécu – Un mal être qui s’installe.

Un blues profond qui me faisait perdre mon sourire, mon enthousiasme. Un sentiment d’impuissance et de faiblesse. Une totale incompréhension. Mais pourquoi ? Comment est ce arrivé ? Autour de moi les gens ne comprenaient rien ! Moi non plus d’ailleurs ! « Mais enfin tu as eu ton petit, c’était inespéré, il va si bien ! Réjouis toi ! » Oui mais ! Le sentiment qu’on ne m’avait pas laissé la place de devenir mère, m’avait envahie :
– Je n’avais pas eu de contractions comme toutes les femmes.
– Je n’avais pas connu les douleurs d’un l’accouchement.
– Je n’avais pas senti mon enfant sortir de mon corps.
« Mais enfin tu étais préparée à tout ça depuis longtemps. Tu as cette chance ! Penses à ces femmes, qui en 2 minutes se retrouvent sur la table d’opération, en voyant une fourmilière s’activer autour d’elles, sans comprendre pourquoi! » C’est vrai, pourquoi je me plains ? Ben je ne sais pas. Tout ce que je sais, c’est que je ne vais pas bien, pas bien du tout et que j’essaie de trouver une raison à tout cela.

J’en parle avec mon gynécologue, totalement désarmé de me voir comme ça, après cette belle victoire ! Il m’envoie direct voir la psychologue de la mat.
Je la vois – Elle est très bien – M’écoute – Me dit que je suis tout à fait consciente de ce qui ne va pas – Tout va bien aller.
Elle ne se fait pas de soucis pour moi. Wahou je suis rassurée, je vois enfin une lueur de bonheur et d’espoir en moi.

Mais non ! Le temps passe. Rien ne change. Cette situation est détestable pour moi autant que pour mon homme et mon tit cœur… Heureusement ils sont là, me tiennent la main au quotidien. Je suis seulement capable de leur dire que je ne vais pas bien, que je ne sais pas pourquoi, que je ne sais pas quoi faire !
On continue de me donner des coups de pieds aux fesses ! Comme si j’étais une enfant capricieuse. « C’est bon maintenant faut que tu te secoues un peu ! » Mais je n’y arrive pas ! Ce mal être est trop profond. Je n’arrive pas à le faire sortir. Je ne trouve pas la recette. Je suis moi aussi épuisée, par cette situation.
Alors je cherche dépression sur le net ! Mais tout ce que je trouve ne me correspond pas.

Et un jour, je trouve « dépression post partum » ! Un mot inconnu ! C’est autre chose que le babyblues ! Je ne me reconnais pas dans tout, mais quand même ! Les symptômes sont là ! Enfin ! Je peux aller voir mon homme et lui expliquer, lui dire : Dépression post partum !
J’ai mis un mot. Mais je n’en suis pas sortie.
La reprise du travail. Une horreur. Une direction qui m’en veut (de quoi?) et fait tout pour m’abattre. Ils ont dû sentir ma faiblesse. Laisser mon enfant, mon petit cœur, mon petit « miracle », pour aller travailler pour des gens qui veulent me pousser vers la sortie ! Mais comment voulez vous que je reprenne le dessus ?

Je me retrouve chez mon docteur. Elle me demande : « comment allez vous ? » Je fonds en larme … Elle ne me connaissait pas comme ça ! Elle n’aurait jamais pensé me retrouver dans cet état. Elle me dit : « Ce n’est pas possible, il faut que vous alliez voir quelqu’un. » Elle téléphone et me prend rendez vous. Elle me prescrit des cachets pour m’aider à atténuer tout ça. Les cachets m’apaisent, mais ne me soignent pas. Oui ! La dépression post partum c’est une maladie. Oui ! Ça se soigne ! La psy, les cachets, le temps, la patience, l’épaule et le soutien solide de mon homme et j’ai réussi à sortir la tête de l’eau.
J’ai réussi à avancer. Je me suis construite en tant que maman. Et une maman solide et forte prête à défoncer des montagnes est née.

Pourquoi ? Pourquoi moi, pourtant je n’avais pas de prédisposition à la dépression ? Il n’y a pas d’explication, pas de facteurs, ça peut arriver à tout le monde et surtout ça frappe sans prévenir. Depuis je suis très à l’écoute des jeunes mamans. À l’écoute du moindre signe. Je préviens les futures mamans idéalistes. Car tout n’est pas si simple. Devenir maman ce n’est pas inné, ça s’apprend et surtout, les stéréotypes de la maman parfaite n’existent pas. Soyez à votre écoute. Vous avez le droit de ne pas être bien et d’être totalement imparfaites. Et la dépression post partum touche n’importe qui, n’importe comment, sans raison. Soyez la maman que vous avez envie d’être et celle que votre enfant vous aidera à devenir.

Tituce

PS : Il existe une merveilleuse association http://www.maman-blues.fr/ qui traite de la difficulté maternelle et que je vous recommande vivement !