Quelqu’un qui se satisfait de regarder les fleurs pousser

Perdre un bébé

J’ai perdu une toute petite fille à la naissance en juin dernier.
Je ne l’ai pas perdue d’ailleurs, je sais où elle repose pour toujours à présent : elle est morte.
Sur le seul acte administratif qui certifie son existence, il y a inscrit « enfant né sans vie ». L’expression est froide, expéditive et ne reflète pas du tout la richesse de ces neuf mois où j’ai porté ce petit pois sauteur, bien présent et en bonne santé jusqu’à ce que mon placenta décide de ne plus l’oxygéner.
Elle ne reflète pas non plus les rêves, les projets et la joie de cette naissance à venir après trois ans d’attente : on devient parent parfois bien avant que l’enfant ne paraisse.

Lorsque l’on m’a annoncé que le coeur de mon bébé ne battait plus, j’ai eu l’impression d’être écrasée par un 35 tonnes, avec cette envie de mourir, d’être ensevelie à mon tour et de me réveiller de cet affreux cauchemar.
Et puis très vite, il y a eu le regard hébété et désespéré de mon époux et le souvenir de notre premier enfant, qui attendait, bien vivant, lui, à la maison et qui pour qui allait aussi commencer un travail de deuil.
Alors, j’ai décidé de ne pas mourir.
Et j’ai accouché avec toute la force qui me restait et l’indéfectible soutien de mon amoureux et des sages-femmes.

Il y a eu l’enfer des premiers jours, ses douleurs morales et physiques et ces larmes dont on ne sait si elles arrêteront de couler.
Mais il y a eu aussi les amis, les familles et les professionnels qui proposaient leur aide et à qui nous avons demandé mille petites choses dont nous avions besoin ou que nous ne pouvions ou voulons pas faire.
Nous avons été accompagnés, tous les trois, pendant plusieurs semaines.

J’ai repris rapidement le travail, pour ne pas penser, et c’est vite redevenu un plaisir, comme avant mon congé maternité.
J’ai aussi fait des choses que je n’avais jamais vraiment osé faire auparavant : prendre des cours de dessin, dire « non », exagérer parfois, arrêter de fumer pour de bon.

J’ai été augmentée par ma fille, toute furtive fut-elle.

Progressivement, je me suis réveillée le matin en savourant ma chance d’être vivante, d’être encore là. D’ailleurs, plus je vais me recueillir sur la tombe de ma fille, plus je suis convaincue de cette chance.
Au début, je vivais exclusivement pour la mémoire de ma petite fille. Aujourd’hui, je crois que je vis surtout pour moi.
Je me sens plus libre parce que je n’ai plus peur d’autre chose que de perdre ceux que j’aime ou de perdre la vie moi-même.

Ce cheminement, qui est loin d’être achevé pour ma part, est parfois ponctué de doutes et de passages à vide, on égare parfois le sens de sa vie. Mais pour ma part, je pourrais presque dire que je suis heureuse.
On est aussi confronté à d’autres épreuves : je suis retombée enceinte quelques mois plus tard mais j’ai fait une grossesse extra-utérine couplée à de très gros problèmes dentaires. J’ai cru un moment que la vie s’acharnait sur moi, je n’ai cessé d’espérer voir la lumière au bout du tunnel.
Et j’ai bien fait d’espérer car la lumière finit toujours par nous éblouir de nouveau.

Je ne sais pas si un jour je pourrai donner la vie de nouveau : est-ce le plus important ?
Les autres ne le voient pas forcément mais il ne s’est pas RIEN passé.
Il y a eu ce petit bout de vie, ce petit être qui a vécu un peu en moi et à qui je pense si souvent. Il a sa place et ce qu’il m’a apporté de force et de fragilité fait de moi quelqu’un de tout autre.
Ni meilleur, ni moins bien, mais quelqu’un qui se satisfait de regarder les fleurs pousser.

Emmanuelle

La vie continue

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Pour devenir parent le destin s’est  mis en travers de notre route mais qu’à cela ne tienne on se battra.
Alors quand le miracle arrive enfin après 3 ans et que l’on apprend que c’est pas un mais 2 bébés, on se dit qu’on est enfin récompensé et que la vie quand elle veut, elle peut être sympa finalement.

Mais a quasi 18SA on m’annonce pendant une échographie que je vais les perdre… surement toutes les 2 et tout s’effondre …on me propose une IMG que je refuse je ne peux pas ne pas essayer !
On est préparé à stresser pour les 3 premiers mois mais après on pense bêtement que tout est joué d’avance…
Bref quelques jours après mon hospitalisation je dois accoucher de la première car le travail a commencé mais les médecins conscient de ma difficulté à enfanter,  font tout pour sauver celle qui va bien du moins pour le moment. Après 2 semaines d’hospitalisation, de journée interminable on me fait même miroiter une hospitalisation à domicile mais le rêve s’achève définitivement « la faute à pas de chance ».

On essaye d’oublier mais ça marche pas, on se demande et si ? mais c’est inutile…on est en colère mais ça ne sert à rien… et avec tout ça on est mamange mais toujours pas maman…. On m’a souvent dit que j’avais été forte… moi je dis que j’ai pas eu le choix… se laisser abattre ou se battre, c’est un peu comme boire ou conduire il faut choisir.

Je n’ai pas voulu voir de « psy » ma thérapie a moi c’était d’en parler, ouvertement, avec souvent une petite larme au début et puis peu à peu, les larmes s’espacent et un jour on arrive à y repenser sans pleurer. Et surtout je ne voulais pas voir sur le visage des gens la pitié je ne le supportais pas !

Et l’envie malgré tout ça est plus forte que jamais, la peur au ventre certes mais elle est là, donc on retourne en PMA là où tout a commencé et sans qui notre rêve ne peut se réaliser !

Quelques mois plus tard la joie à nouveau, la peur aussi, on y va par pallier, les 12SA, passer la période 17-20 SA que je ne porte pas dans mon cœur, les 22 qui rassure puis les 25 seuil de viabilité (on m’a tant rabâché les oreilles avec celui-là par le passé..), puis les 32 et on commence à profiter, à rêver, à faire la chambre à y croire vraiment mais on attend la dernière étape qui est l’accouchement avec impatiente ! « je n’y croirai réellement que quand je le tiendrais dans mes bras »

Il est né le 31 mai 2012, le plus beau jour de ma vie, un accouchement parfait et ce petit être, ce bébé c’était le mien ! J’ai encore du mal à réaliser parfois et pourtant il me ressemble tant.

Alors bien évidemment quand je le regarde je me demande souvent à quoi elles ressembleraient aujourd’hui mes petites poupées, tous les ans en ce début d’année aux dates anniversaire mon cœur de maman se serre et puis la vie reprend son chemin, la vie continue !

Si elles n’étaient pas partis, objectivement lui que je connais si bien et que j’aime si fort et un peu plus chaque jour ne serait pas la … et imaginer ma vie sans lui c’est désormais impossible.

Je me suis souvent dit que rien arrivait par hasard aussi horrible, injuste et dur que ça puisse être à vivre c’était peut-être le destin c’est LUI que je devais avoir et pas ELLES.

Alison

Au bout du chemin, la lumière est belle

Faire le deuil de son père

J’ai 35 ans et ma vie est en deux parties : avant et après.

Avant, je pensais que ça n’arrivait qu’aux autres, avant je pensais que je n’y survivrai pas, avant je croyais que les gens que j’aime étaient immortels.
Et puis un jour le téléphone a sonné : « Papa ne respire plus, les pompiers sont là, viens-vite » !

J’ai passé 30 mn de trajet à espérer, à être sûre que j’allais croiser une ambulance en route, à prier pour qu’il aille bien… prier, moi l’athée convaincue ! J’étais prête à tout.
Et arrivée chez mes parents, les mots qui m’accueillent : « on n’a rien pu faire, je suis désolée ».

C’est alors que l’après a commencé.
Un après où j’ai dû faire la forte, où j’ai dû soutenir notamment ma maman, un après où j’ai fait toutes les démarches, où j’ai appelé la famille et les amis pour leur annoncer, où j’ai géré les rdv pour la succession, les courriers à envoyer, l’assurance à contacter….
Un après qui ne laisse pas la place à la douleur parce qu’il y a trop à faire pour la laisser nous dominer.

Et puis rapidement, il n’y a plus rien à faire. C’est alors que l’esprit réalise, c’est alors que le corps réalise.
Et la douleur arrive, écrasante.
Le « déni » arrive aussi. On arrive à la maison et on s’attend à le voir ouvrir la porte. On téléphone et on s’attend à tomber sur lui. On voit un gadget dans un magasin et on se dit « tiens si je le lui achetais, ça lui ferait une belle surprise » et on réalise, avec quelques secondes de retard que non, qu’il n’est plus là, ne sera plus jamais là.

Il reste à accepter de vivre sans lui, de vivre sans ses regards indulgents, sans son amour inconditionnel, sans ses blagues, sans ses habitudes, sans son admiration, sans lui, sans sa présence, sans son odeur, sans ses calins (parce que oui, à presque 25 ans, on peut encore s’asseoir sur les genoux de son papa!).
C’est là que je me suis dit que je n’y arriverais jamais, que je ne pourrais pas survivre sans lui !

Heureusement, j’ai des amis/es, une famille, et surtout un homme formidable ainsi qu’un petit garçon !
C’est pour ce petit être qui n’avait que 14 mois à l’époque que j’ai continué et que j’ai relevé la tête ! Même si à chaque progrès j’avais le cœur serré de me dire que mon papa ne le verrai jamais, même si j’ai éclaté en pleurs le jour où il a dit « papy » pour la 1° fois, il a été mon rayon de soleil et ma raison de vivre !

Ensuite, sont venus 3 autres rayons de soleil qui sont toute ma vie !
C’était il y a 9 ans, et mon père me manque énormément, toujours, je pense à lui presque tous les jours, je pleure encore parfois, mais au fil du temps je m’aperçois que je pense bien plus souvent à lui avec le sourire qu’avec les larmes.
Parfois même, je me remémore un beau souvenir de lui, exprès, pour le simple plaisir de penser à lui et de sourire. Son sang est encore dans le mien, son sourire est en moi, et tant que quelqu’un pensera à lui avec le sourire, alors il ne sera pas tout à fait mort.
J’ai appris à aimer et à être fière quand on me dit à quel point je lui ressemble, c’est ma force à moi.

Même si c’est dur, il faut juste laisser le temps faire son travail, c’est long certes, mais au bout du chemin la lumière est belle !
Elle est belle parce qu’elle est éclairée par son sourire et son amour !

Delphine

L’amour a perduré à travers les années

Faire le deuil de son conjoint

21 ans après la mort de leur papa, de mon amoureux, mon conjoint, cet autre moi-même, je me demande encore comment j’ai pu faire face à tout : 3 enfants de 6/10/13 ans et un travail en internat à temps plein et des familles peu aidantes.

Un jour, mon petit m’a dit « je croyais que tu n’avais pas de peine, je ne t’ai jamais vu pleurer »
Moi je n’arrivais pas à pleurer tant ma détresse était profonde, j’avais peur qu’elle m’engloutisse comme un tsunami.

Petit à petit j’ai pu pleurer dans le pré avec ma vieille jument à mes côtés.
Puis devant mes enfants lorsque je me suis sentie plus forte. Mes deux grands ont fait de leur mieux, chacun à sa manière. Je suis tellement fière d’eux, de moi aussi mais je ne sais toujours pas comment j’ai pu faire face.

J’ai envie de croire qu’il nous a tant aimé, que son amour a perduré à travers les années.
Dans ce rôle de mère courage (car il en a fallu) j’aurai pu me perdre mais la vie m’a permis de rencontrer des professionnels aidants et suffisamment de personnes aimantes pour continuer bravement mon chemin de vie.

Toi, petit(e) frère (soeur) en humanité qui lit ce message je t’embrasse affectueusement.

Annette

Les épreuves m’ont construite

Deuil frère

29 juin 1996. Mon grand frère, alors âgé de 19 ans, décède dans un accident de voiture.
Le choc.

Nous vivions à l’époque dans un lotissement où tout le monde se connaissait. Une petite communauté de voisins et de bande de copains.
Cette nuit-là, deux de ses membres venaient de perdre la vie dans de violentes circonstances, deux jeunes, deux amis, et des larmes qui ne s’arrêtaient plus de couler…

Passée l’incompréhension, est venue la colère, puis la révolte, et enfin la douleur, lancinante, de l’absence avec laquelle on doit apprendre à vivre…

15 ans auront été nécessaire pour faire le deuil, pour accepter la disparition tragique, pour réapprendre à profiter de la vie.
15 ans passés à se reconstruire, à panser ses blessures, à avancer jour après jour vers un avenir aussi incertain que terrifiant… Hôpital, thérapies, médicaments…
Chaque jour, lutter pour retrouver l’espoir, ne jamais baisser les bras, tomber 7 fois, se relever 8…

Et puis, une nouvelle vie qui vient combler celle du disparu… La naissance de ma fille.

29 février 2012, un bébé libère mon coeur, verrouillé à triple tours depuis tant d’années.
Une douceur infinie, un bonheur indescriptible, un amour au delà de l’imaginable, et la vie a retrouvé sa saveur. Les larmes ont coulé, des larmes de joie, libératrices, et la douleur s’en est allée…

On oublie pas. On oubliera jamais.
Mais la vie est devant nous maintenant, on ne peut plus passer un jour de plus à regarder dans le rétroviseur, il faut se tourner vers le futur, profiter du présent, aimer la vie car la vie est si belle.

Les épreuves m’ont construite, pas détruite, elles m’ont fortifiée et permise d’aller au delà de moi même.
Je n’aurais jamais cru avoir assez de ressources en moi pour retrouver le sourire et l’envie de vivre, mais ainsi est faite la vie, ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort…
Aujourd’hui, je suis tellement heureuse, chaque jour m’apporte ses petits bonheurs, les lendemains ne me font plus peur, seuls les instants présents comptent. Joie, paix et amour…

Caroline

Nous sommes heureux

Perdre son bébé

On avait toujours voulu trois enfants. Un premier petit garçon est né, puis un deuxième, deux ans après.
Et puis après un peu d’attente, un troisième enfant s’est annoncé. Une petite fille cette fois : voilà qui allait nous changer !

Mais un jour de septembre, pendant la trente-sixième semaine de grossesse, tout a basculé. Cœur arrêté, sans raison, comme ça.
L’enfer.
La vie qui bascule.

Maintenant je me rends compte que nous nagions en pleine horreur, mais que c’était, déjà, le premier jour du reste de notre vie.
Une vie où l’on s’efforce d’apprécier chaque petit bonheur, chaque grande joie.

Il y a eu le choix des textes et des musiques pour la cérémonie. Cet adieu difficile mais nécessaire dans une grande salle blanche du crématorium.
Il y a eu ensuite ce congé maternité, que j’avais entamé dans la joie, et dont j’avais maintenant besoin pour me reconstruire. Un temps pour elle, qui n’était pas là. Un temps pour mes deux « grands » de 5 et 3 ans, pour qui j’ai beaucoup cuisiné, lu, avec qui j’ai joué, fait des câlins, dessiné, parlé.
Parce que je me rendais compte, plus que jamais, à quel point ils sont précieux.
Un temps pour lire aussi, beaucoup de livres qui m’ont fait du bien, pour mettre des mots sur cette douleur qui dépassait tout ce qu’on peut imaginer. Des mots pour se reconstruire, aussi. Des mots trouvés, aussi, sur des forums, dans l’échange.
Un temps pour marcher, souvent, longtemps, dans la campagne, dans le vent, sous la pluie, dans la neige, avec dans les oreilles de la musique, beaucoup de musique.
Un temps pour profiter de la beauté du monde.
Il y a eu, au bout de quelques mois, la reprise de la vie « normale », le retour au travail, les petits mots et les attentions des collègues, le plaisir de penser à autre chose. Le plaisir de refaire des projets professionnels, à court et à long terme.
Il y a eu cet autre enfant, deux ans après, ce merveilleux petit garçon à qui je dis, chaque jour, qu’il est beau, que je l’aime, parce que chaque jour est un cadeau.

Voilà, nous les avons, nos trois enfants. Bien sûr il y a cette cicatrice qui quelquefois se réveille, qui gratte, mais qui fait partie de moi.
Quatre ans après, je peux le dire : nous sommes heureux. Avec nos trois garçons à la maison, et notre petite fille des étoiles dans nos cœurs.

Mélanie

Avec le temps

Deuil périnatal

Aujourd’hui j’ai reçu un mail publicitaire qui me proposait de préparer ton anniversaire. J’ai eu un pic au cœur en voyant ton prénom apparaître sur mon écran.
Tu n’auras jamais 6 ans ma fée… Tu les auras dans mon cœur, comme tous les ans depuis ce 14 février ou je t’ai donné naissance…mais sans te donner la vie.

La mienne s’est arrêté aussi ce jour là. C’est ce que j’ai pensé sur l’instant.
La vérité, c’est que ma vie est devenue différente mais aujourd’hui je peux le dire, elle est belle tout de même. Et je sais que tu n’y pas étrangère.

La seule chose qui m’a soulagée (je ne guérirai pas) est le temps.
Avec le temps j’ai su admettre que tu ne partagerais pas notre quotidien tout du moins pas comme je l’aurai souhaité. Parce qu’en vérité je te porte en moi chaque jour qui passe.
Mais surtout avec le temps j’ai su comprendre ce que tu m’avais laissé. Avec toi j’ai grandi. Il aurait été facile d’être dans l’aigreur, la colère, la peine perpétuelle… Mais j’ai choisi de te faire honneur.

Cette étape de ma vie a fait de moi la personne que je suis. Et j’aime à croire une meilleure personne : Plus sensible, avec plus d’empathie, plus à l’écoute, plus combative…
Après avoir vécu un tel drame, la perte d’un enfant, dont il n’existe aucun mot dans la langue française pour le qualifier, on en ressort forcément différent. Il y a eu l’avant et il y a donc l’après. Comme je le dis souvent, toi mon ange, tu es mon paradoxe. Tu es ma force et ma faiblesse. Tu es dans chacun de mes sourires, dans chacune de mes larmes.
C’est en te perdant que je me suis ouverte aux autres. Il a fallut que je vive cette épreuve pour que j’ouvre les yeux sur moi, les gens, le monde….
C’est en te perdant que je me suis rapprochée d’amis perdu de vue, que j’ai rencontré des quasi inconnus devenus des intimes, que j’ai témoigné sur des blogs et forum…avec ce point commun: la perte d’un enfant. Mais ces rencontres ne sont pas tristes, elles sont riches, émouvantes, pleine d’amour. Et j’aime penser que c’est toi qui m’a fait ce cadeau. Ça peut paraître dingue, mais après tout si j’ai envie de le croire, qui peut m’en empêcher ? C’est ma façon de positiver un événement qui en soi ne l’est pas du tout. J’ai été brisée de l’intérieur, j’ai pleuré beaucoup et même encore après tout ce temps, un jour comme aujourd’hui, je ne peux retenir ces larmes qui expriment ton absence.

Mais pour autant, je suis heureuse, épanouie mais surtout, surtout, je suis fière d’être ta maman. Aujourd’hui c’est la saint Valentin, mais notre ange à nous, ton papa et moi, il ne s’appelle pas cupidon. Il porte ton nom.

MG

Derrière cette nuit sombre, il y a la lumière

Faire le deuil de son conjoint et de son enfant

Si j’ai voulu témoigner ici, c’est parce que je suis la preuve vivante que l’on peut s’en sortir même lorsque les pires choses vous tombent dessus. On m’a souvent dit d’écrire un livre pour raconter mon histoire, mais je n’en ai jamais eu le courage. Alors je me suis contentée de témoigner sur un blog, un journal pas intime. Et rien que ça, m’a beaucoup aidé.

Je m’appelle Magali, j’ai aujourd’hui 30 ans et il y a 4 ans et demi, ma vie a basculé. En couple depuis 8 ans avec Cédric, je n’imaginais pas avoir tant d’épreuves à traverser. Notre amour a résisté à tout, du moindre bobo jusqu’à la maladie qui a rencontré Cédric au cours de l’année 2006, un lymphome folliculaire non hodgkinien. Forts de notre amour, nous savions, à l’aube de l’année 2009, que celle-ci ne serait pas si rose. Après 2 ans d’essai bébé, entre 2 rechutes de la maladie, nous avons réussi à concevoir un enfant. Puis la rechute tant redoutée. Les séances de chimio, entrecoupées des échographies pour bébé. Jours après jours, mois après mois. Jusqu’à ce jour de mai ou l’on nous annonce un problème pendant l’échographie. A partir de ce jour, tout a basculé. La maladie de Cédric a empiré, les séances de chimio ont fini par l’emporter et il est décédé dans mes bras un soir de juin 2009. Forte et très entourée, ma vie s’est mise sur pause pendant ces quelques jours ou je lui ai rendu hommage. Puis ce fut au tour de ma fille de s’envoler à son tour. Une maladie gravissime découverte à l’IRM quelques jours plus tard et une décision à prendre. Celle d’interrompre médicalement ma grossesse à 7 mois. J’ai rencontré ma petite Léa un mois et une semaine pile poil après avoir dit aurevoir à son papa, puis je l’ai laissée le rejoindre.

Après ces drames, j’ai reçu énormément de soutien. Anonymes, virtuels, familles, connaissances. Je n’ai jamais été seule. J’ai beaucoup pleuré, j’ai beaucoup regretté, et finalement j’ai franchi chaque phase de deuil, l’une après l’autre, avec plus ou moins de facilité.

Ce qui m’a aidé ? Rester positive. Ne garder que le meilleur. Avoir profité de chaque instant même douloureux, que ce soit avant, pendant, après. Pour ne jamais rien regretter. J’ai dit aurevoir à Léa comme j’ai dit aurevoir à Cédric, sans jamais m’empêcher de pleurer. Ecrire m’a également énormément aidé. A l’époque, j’écrivais chaque état d’âme, chaque bonheur, chaque douleur, sur un blog protégé dont peu de gens connaissaient l’existence. J’écrivais, en pleurant, des mots l’un après l’autre, comme si je m’arrachais cette douleur du cœur, et au moment de cliquer sur le bouton « publier » je me sentais comme vidée, soulagée. Je ne me suis jamais empêchée d’en parler, je ne me suis jamais censurée, je ne me suis jamais empêcher de pleurer et c’est finalement de cette manière que j’en suis arrivée à cette dernière phase du deuil qu’est l’acceptation.

Oh bien sur, ça n’a pas été simple. J’ai connu la dépression, j’ai cru ne jamais sortir de ma peine. Mais grâce à mon entourage, à une psychologue très à l’écoute et à quelques livres ciblés, j’ai compris que je ne serai jamais heureuse si je ne le souhaitais pas de toute mon âme. Et puis un jour j’ai eu le déclic.

J’ai recommencé à vivre. Avec mon passé, avec mon histoire. J’ai recommencé à vivre pour moi, en ne pensant qu’à mon principal but : le bonheur. Il était impensable après avoir vécu tout ça que la vie soit finie. Il y a ma vie d’avant et il y a ma vie d’après. Et je ne regretterai jamais rien. Parce que je sais au fond de moi que Cédric l’aurait voulu, et que Léa, ma fille, aurait été fière de moi.

Dans ma quête du bonheur, j’ai commencé par m’occuper de moi. Par me chouchouter, par reprendre confiance en moi, prenant ces épreuves comme l’introduction d’une nouvelle chance finalement. J’ai profité de chaque instant comme si c’était le dernier. Puis, lorsque j’ai été prête, je

me suis mise en quête de l’amour. Je savais bien qu’il serait un peu tôt pour mon petit cœur, mais j’ai profité. Je me suis épanouie en tant que femme, je me suis découverte.

Même si je n’oublie rien, même si chaque anniversaire me rappelle ce que j’ai vécu, même si j’ai toujours une pensée très émue pour mes anges, aujourd’hui je suis une nouvelle femme. J’ai rencontré l’amour en 2010. Aujourd’hui, je suis heureuse comme je souhaite à n’importe qui de l’être un jour et je vais me marier cet été. Le 26 juillet 2014. Comme un hommage à ma fille qui aurait ce jour la fêté ses 5 ans.

Si je devais avoir un conseil pour ceux qui traversent des moments difficiles ce serait de ne rien regretter, de profiter de chaque instant, des bons comme des mauvais. C’est normal de pleurer, c’est normal d’être triste, c’est normal de se recueillir. Et puis lorsque vous n’irez pas bien pensez que derrière le brouillard, derrière cette nuit sombre, il y a la lumière, et cette lumière, c’est le bonheur. Vous y avez droit vous aussi. Gardez espoir, la lumière est au fond du tunnel…

Magali

Je vis à 200 %

Surmonter une IMG

Mon histoire, notre histoire commence en mars 2013. Je suis enceinte de 17 SA, lors d’une écho de routine, le docteur m’apprend  que notre petite fille de vivra pas .

S’en suit une descente aux enfers, je prends le large laissant mon couple dans la tourmente et fuyant les rendez vous médicaux afin de ne pas avoir à faire le choix de vie ou de mort sur mon bébé. Finalement notre fille a décidé de naître d’elle-même 2 mois plus tard. Verdict des médecins : c’est accidentel.

Je retombe enceinte pile 1 mois et quelque après mon accouchement, c’est du délire on y croit pas, une belle revanche sur la vie (la mort ?) notre petit miracle.
Et pourtant dès les premiers instants  nos craintes se confirment, notre 2ème petite fille n’auras pas la chance de vivre en dehors de mon ventre.
A ce moment là je suis à bout, le sort s’acharne, « nous défions les statistiques » j’ai touché le fond je veux mourir ! Quelle injustice pourquoi NOUS ??? Pourquoi devons nous faire ce choix de vie ou de mort de nouveau ???
Interruption médicale de grossesse le 9 octobre 2013 à 19SA.

Après ce choix tu demandes ce qui t’arrive c’est du délire qui a le droit de faire CE CHOIX ??
Un choix peut-il être si violent au point de faire semblant d’être libre ?  Je n’en sais rien.
J’étais en 1000 morceaux, j’avais la rage, à quoi bon vivre. Je ne mange plus, ne dors plus je veux juste mes filles. Je vois mon ¼ de siècle avec des rides.

Et puis j’ai compris à travers des personnes extraordinaires que j’avais le choix de vivre moi ! Que de vivre avec cette culpabilité ne servait à rien…

Aujourd’hui 3 mois après la naissance de notre 2ème fille,  je me sens sereine face à ça,  je vis à 200% même si mon couple en a payé le prix le plus fort, je suis devenue une éternelle optimiste..

Dans ces malheurs, j’ai fait le tri entre les personnes nocives et celles qui m’ont fait aller de l’avant.

Mes filles m’ont changé à tout jamais, le sourire que j’affiche n’est pas faux au contraire il est teinté de douceur et d’amour pour mes toutes petites,  je n’avais pas d’autre choix que d’essayer de m’en sortir pour elles, ma douleur, j’en fais ma force, ce n’est pas la force du désespoir qui me tire vers le haut mais bien la force de cet amour infini que j’ai pour mes filles qui me pousse. L’amour ça fait escalader des montagnes, même les montagnes de chagrin. Je dois vivre pour elles.

Sohane et Inès ne sont pas venues pour rien elles m’ont rendues meilleur et m’ont fait comprendre à quel point la vie est précieuse.

Non, elles ne sont pas venues pour rien. Et un jour, si cela m’est possible,  je m’imagine en maman berçant son 3ème enfant.

Kiki

Il faut parler et ne pas se renfermer

Surmonter le suicide

J’avais 27 ans et mon jeune frère à peine 17 lorsqu’il a décidé d’en finir avec la vie…

C’était un 21 septembre. Il a choisi une façon plutôt radicale d’y mettre un terme. Il s’est tiré une balle dans la tête. Aussi radical que cela peut être, il est pourtant resté en vie, dans un coma profond, ce qui nous a donné beaucoup d’espoir, en vain.
Il est décédé le 26. Déclaré dans un état de mort encéphale.

Je vais passer l’épisode de la douleur, du laisser-aller, de l’envie d’en finir à mon tour, des images qui restent… Tout cela est de toute façon indescriptible.
Je vais vous parler de ce qui fait que je vis avec depuis 5 ans et 3 mois…

J’ai d’abord commencé par tenir un blog en sa mémoire. J’y ai fais la connaissance de personnes formidables, vivant le même drame et qui malgré tout, contrairement à moi, continuaient d’avancer. J’ai eu beaucoup de contact avec des amis à lui qui m’ont raconté des choses, des histoires vécues avec lui. C’était un peu comme si j’apprenais ou du moins, continuais, à le connaître. Ce blog est devenu mon exutoire. Il m’a fait prendre conscience qu’il faut parler et ne pas au contraire se renfermer.

J’ai 3 autres frères et sœurs dont je suis l’aînée, pour qui je me dois d’être forte. Je les aime tout autant que je l’aime lui.

Je suis surtout une maman qui doit rendre la vie belle à ses enfants. Ils ont 13 et 9 ans, fille et garçon. Je me suis « reprise », je suis sortie de cette spirale infernale du deuil en me disant que je ne pouvais pas faire souffrir mes enfants. La peur qu’un jour ils veuillent en finir eux aussi avec la vie parce que je leur aurait gâchée, m’a sauvée !!

Je coule des jours heureux avec mes enfants et mon mari… Oh ! Il y’a bien des jours sans… Mais tellement de moments propices au bonheur si l’on s’en donne le temps et le cœur… ♥♥

Stéphanie